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Flavescence, vers de la grappe

Ne relâchez pas vos efforts !

Publié le 27/01/2014 - 15:45
Les 5e Entretiens Vigne Vin Languedoc-Roussillon, organisés par l'IFV ont été l'occasion de faire un point sur la pression exercée par les insectes sur la vigne de la région.
 

Premier constat: la confusion sexuelle est mal mise en œuvre 

Avant la conférence, l'IFV a lancé une enquête auprès des utilisateurs de Rak et autres diffuseurs d'hormones. Seulement 50 vignerons ont répondu. Bernard Molot, spécialiste de la protection du vignoble à l'IFV Rhône-Méditerranée, annonce:

Le nombre de réponses est faible. Les résultats ne sont pas statistiquement significatifs mais il revèle des habitudes bien réelles.  La confusion sexuelle est mal faite.

1/3 des exploitations posent des diffuseurs sur des surfaces trop petites inférieures à 10 ha. 

 Plus de la moitié des  parcelles équipées de diffuseurs sont dispersées alors que les recommandations préconisent d'agir sur des parcelles regroupées.  
De plus, les parcelles limitrophes sont rarement équipées.

Le traitement préventif sur les premières éclosions de la première génération  fortement conseillé n'est presque jamais réalisé. Idem pour le traitement sur les premiers rangs

Pourtant même avec ses conditions d’utilisation mauvaises, la moitié des enquêtés sont satisfaits de leur protection contre eudémis et cochylis. Seulement 8 %, soit 4 sur 50, sont réellement mécontents. La zone de protection par confusion s'avère inférieure à 10 ha.

Lors de l'enquête, les vignerons faisaient aussi mention de leur situation vis-à-vis de la flavescence dorée. 2/3 des interrogés avaient des parcelles en lutte obligatoire ou aménagée. Mais 70 % des viticulteurs en lutte aménagée ne réalisent aucun traitement.
 

Cela  ne m’étonne pas vraiment… mais du coup on comprends mieux les résultats de la Draaf sur la dynamique de la flavescence dorée dans la région.

 

Deuxième constat : l'éradication de la flavescence dorée dans le LR est un pur fantasme

La flavescence dorée est présente depuis trente ans dans le Languedoc-Roussillon. À ce jour, près de 200 000 ha de vignes sont en périmètre de lutte dans la région. Étant donné la situation, pour Christophe Pueyo de la Draaf LR :
 

Il faut parer au plus pressé et mettre en place une lutte avec des priorités. Au vu de la dynamique de la contamination, penser que l’on peut sortir de la lutte est un pur fantasme.
Il est impossible de parler d’éradication en Languedoc-Roussillon. 

En 2013, 40 ha de vigne devront être arrachés à cause de la flavescence. Christophe Pueyo explique :

On constate une amélioration en 2013. Mais cela reste à confirmer. La flavescence a une dynamique en "vague". Il faut espérer que la région soit devant une baisse des contaminations.
Néanmoins, si on assiste à un relâchement général, il y a une risque de redémarrage de la maladie. Il faut rester mobilisé !

Troisième constat : en Paca la flavescence progresse

Beaucoup moins touchée que le Languedoc-Roussillon, la région Paca, avec plus de 9 000 ha en périmètre de lutte, n'en reste pas moins inquiétée par la maladie. Alice Dubois de la Draaf Paca fait un point :

Depuis 2012, on assiste à une forte augmentation des contaminations détectées dans la Drôme et dans le Vaucluse. 

Un énorme foyer a été découvert à Orgon-Eygalières dans le département des Bouches-du-Rhône, jusque-là indemne.
Plus de 15 000 pieds vont être éliminés et 16 parcelles vont être complètement arrachées. Un vigneron se voit dans l'obligation d'arracher la moitié de son domaine.

Je concluerais comme mon collègue. Il ne faut pas relâcher ses efforts.

Et vous, ressentez-vous un relâchement dans votre lutte contre la flavescence?

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