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Quelle valeur donner à son entreprise viticole ?

Publié le 08/11/2016 - 16:30
Évaluer une entreprise n’est pas chose aisée ! Photo : Richard Villalon/Fotolia

Évaluer une entreprise n’est pas chose aisée ! Que vous souhaitiez céder votre entreprise à un tiers, réaliser une donation-partage entre vos enfants, ou encore faire entrer un nouvel associé au capital de votre société, vous devez lui donner une valeur. Vous vous demandez donc comment fixer cette valeur et surtout qui peut vous aider…

Déterminer la valeur vénale de l’entreprise

Tant pour des raisons fiscales que d’équité familiale, il convient de retenir une valeur vénale, c’est-à-dire de valoriser votre exploitation comme si vous la vendiez, et de tenir compte des opérations relatives à des exploitations similaires à la vôtre.

Faites appel à un expert-comptable rompu aux affaires viticoles, pour ne pas avoir de difficultés avec l’administration fiscale qui estimerait que vous avez fraudé ses droits en sous-évaluant le prix, ou avec des héritiers qui s’estimeraient lésés.

Votre notaire vous sera d’une grande aide pour le foncier, de par sa bonne connaissance des transactions récentes. Pensez également à vous référer aux moyennes publiées par les Safer pour vous situer dans une fourchette de prix.

Votre expert-comptable vous accompagnera pour travailler sur la valeur globale de votre entreprise individuelle ou de votre société.

La valeur de votre entreprise, foncier compris, peut être affectée par le type de baux, votre stratégie et vos projets (installations aux normes, matériel, bâtiments et investissements à prévoir, qualité du foncier, stratégie marketing et commerciale, clientèle fidèle et diversifiée, polyvalence, souplesse et savoir-faire de votre main-d’œuvre, état des stocks, résultat, endettement…).

Combiner plusieurs méthodes d’évaluation

En matière d’évaluation d’entreprise, plusieurs méthodes sont à combiner et à pondérer selon vos objectifs et ceux du repreneur :

  • Valeur mathématique

Il s’agit de l’actif net comptable: on déduit des actifs ayant une valeur marchande, les dettes réelles. C’est une méthode qui ne reflète pas à elle seule la valeur de l’entreprise bien sûr.

  • Valeur patrimoniale

On considère ici l’entreprise comme une somme d’actifs réévalués à leur valeur vénale, diminuée des dettes. Il en ressort des plus ou moins-values latentes (sur stock par exemple). La clientèle est également valorisée, sous forme de "marque viticole" en société civile.

La valeur patrimoniale est en général pondérée de manière assez forte dans une évaluation d’entreprise.

  • Valeur d’investissement

L’entreprise peut valoir la somme des résultats futurs qu’elle pourrait dégager. C’est en quelque sorte la rémunération du capital investi. On peut retenir l’EBE moyen des trois dernières années, lui affecter un taux de capitalisation (par exemple les OAT 10 ans, les obligations d’État à 10 ans qui sont un actif dit "sans risque", auxquelles on ajoute une prime de risque qui dépend de la région de production et des caractéristiques de l’exploitation).

On raisonne ainsi: si vous attendez en revenu annuel, sur 18 ans par exemple, cet EBE moyen placé à x% (OAT dix ans + prime de risque), vous devez placer aujourd’hui une certaine somme, qui représente la valeur de rendement de l’entreprise.

C’est comme si vous deviez acheter un capital et le placer pour qu’il vous rapporte de quoi vivre. Bien entendu, c’est votre travail et votre stratégie en réalité qui valoriseront ce capital, il ne sera pas réellement placé, puisqu’il s’agit de donner une valeur à l’entreprise.

  • Valeur de remboursement

Quelle que soit la valeur retenue, elle ne pourra excéder ce qu’un acheteur peut investir ou rembourser à un moment donné. Il faut tenir compte des capacités des acheteurs potentiels, de la concurrence, des taux d’intérêts, etc.

Une vigilance particulière sera évidemment portée sur les hypothèses de pondération de chaque méthode retenue.

N’hésitez pas à bien anticiper votre projet, afin de réaliser les ajustements nécessaires pour en faciliter la réalisation. Plus on a de temps devant soi, et plus on a de choix !

michel_masson_groupe_sfc_viti.jpg Associé au sein du Groupe SFC, responsable du bureau de Vienne, Michel Masson est spécialisé dans la gestion et le suivi de la comptabilité des entreprises viticoles et agricoles.

 

 

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