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Produit phytosanitaire

Pour Bayer, c’est la fin de Luna Privilège

Publié le 23/11/2016 - 18:10
Bruno Chardigny, Isabelle Lavedeze et Jean-Luc Dedieu représentant le groupe Bayer. Photo : DR

Après l’observation l’année dernière de distorsion de croissance sur des vignes traitées en 2014 avec l’antibotrytis Luna Privilège, Bayer décide de retirer le produit du marché.

En 2015, l’observation de symptômes atypiques sur des pieds de vigne en France et à l’étranger avaient révélé un lien entre ces phénomènes de distorsion de croissance et l’utilisation d’un Antibotrytis du groupe Bayer : le Luna Privilège.

C’est à l’occasion d’une conférence de presse, qui s’est déroulée au Château Lamothe de Haux, que Jean-Luc Dedieu chef de marché vigne chez Bayer, et Bruno Chardigny, responsable de l’équipe marketing vigne et arboriculture ont souhaité revenir sur ce malencontreux événement.

"Utiliser le Luna Privilège uniquement de manière précoce aurait selon nous pu résoudre le problème de distorsion de croissance", explique Jean-Luc Dedieu.

Le fait de positionner cet antibotrytis tard dans la saison, à hautes doses et durant des périodes de météo extrêmement humides, expliquerait les déformations foliaires et aussi les pertes observées pendant la formation des grappes :

"Lors de la campagne 2015, nous avons fortement recommandé aux viticulteurs de ne pas utiliser le produit de manière tardive. Résultat : le nombre de cas de distorsion de croissance a été divisé par 10" ajoute Jean-Luc Dedieu.

Malgré cela, la multinationale a tout de même décidé de retirer le produit du marché chez les distributeurs et les agriculteurs :

"Compte tenu d’une marge de sécurité limitée, et face à un phénomène complexe, dont les causes ne restent que partiellement connues, Bayer a fait le choix de la prudence pour ses utilisateurs et a décidé d’arrêter la préconisation du Luna Privilège dans les vignes en retirant l’homologation", explique Bruno Chardigny.

Le résultat des études menées par le groupe met en exergue la responsabilité d’un produit de dégradation du fluopyram, lorsqu’il serait présent en trop grande quantité dans la plante. De ce fait, Bayer a assumé sa part de faute en versant une indemnisation, sans en communiquer le montant, aux viticulteurs touchés en France en 2015. Pour 2016, la multinationale indemnisera les viticulteurs atteints, sous réserve d’une enquête de terrain prouvant l’implication du produit dans les symptômes observés.

Enfin, pour 2017, le groupe préconise l’utilisation de deux antibotritys pour pallier ce retrait de marché : le Teldor/Lazulie, et le produit de biocontrôle Serenade Max, qui peut être utilisé pour des applications tardives, car il ne laisse pas de résidus.

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