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La Ruhr à la 2e place des villes qui consomment du vin

Publié le 18/03/2019 - 16:50
La consommation de vin pour la conurbation allemande de la Ruhr dépasse légèrement   les 4 Mhl en 2017, contre 5,3 Mhl pour Paris. © dreakrawi/fotolia

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En Allemagne, la consommation de vin a évolué ces dernières années. Plus qualitative, avec des prix mieux valorisés, elle a aussi lieu lors de moments plus décontractés, autour de vins faciles à boire. La Ruhr, seconde du classement mondial des villes consommatrices de vin, ne fait pas exception !

 

Fin 2018, une étude de consommation de vin dans les grandes agglomérations du monde, menée par le Wine and Spirit Institute du groupe Inseec Business School, classait Paris en première position avec 49,5 l/an/hab, suivie de la Ruhr (Essen, Dortmund, Duisbourg), avec 39,2 litres de vin/an/habitant de plus de quinze ans. Au total, la consommation de vin pour la conurbation allemande dépasse légèrement les 4 millions d’hectolitres (Mhl) en 2017, contre 5,3 Mhl pour Paris. Suivent dans ce top 10 : Buenos Aires, Milan, Londres, New York, Los Angeles, Berlin, Rome, et Tokyo. « L’économie allemande fonctionne très bien. Et les Allemands, qui centraient jusqu’à présent leurs dépenses sur leurs maisons, leurs voitures, le luxe et les voyages, sont en train de changer, notamment avec la génération Y », présente Mélanie Rouchy, travaillant depuis 18 ans à l’agence Sopexa de Düsseldorf, et responsable du trade marketing depuis dix ans. « L’Allemagne, c’est de plus en plus de Food Street festivals, de snacking, du yoga et de convivialité ! Aujourd’hui, 97 % des Allemands déclarent que le goût est un critère d’achat, suivi par l’origine locale pour 73 %, alors que le prix n’est important que pour 57 % d’entre eux. Le consommateur allemand évolue, il passe plus de temps dans l’acte d’achat et dépense aussi davantage sur l’alimentaire et le vin. Les moments de consommation de vin évoluent aussi, sur l’apéritif plutôt qu’en grands repas, avec des vins faciles à consommer, fruités, légers. Et, depuis plus de dix ans, les consommateurs allemands dépensent plus pour le vin que pour la bière ! »

 

Pour Mélanie Rouchy, de l’agence Sopexa de Düsseldorf, les Allemands déclarent à 97 % que le goût est un critère d’achat, alors que le prix n’est important que pour 57 % d’entre eux. © Sopexa 51 % de vins allemands

« Dans le bassin de la Ruhr, les anciennes usines de charbon ont fermé. D’anciens sites industriels ont été repris par des investisseurs, pour créer des lieux de rencontres culturels, associatifs, mais aussi des restaurants et des hôtels cafés restaurants, observe la responsable Sopexa. La consommation de vin s’y développe. Dans le pays, 51 % des vins consommés sont allemands, suivis par l’Italie (16 %), par la France (12 %), et par l’Espagne (8 %). Si l’Allemagne est un pays producteur de vins blancs, souvent vinifiés en cépages uniques (riesling, chardonnay, müller-thurgau, pinot gris, sauvignon blanc), la production de rouges est de plus en plus qualitative. » Les consommateurs allemands ont dépensé plus de 3,1 milliards d’euros en 2018, un marché en croissance en valeur (+ 1,1 % par rapport à 2017), mais stable en volumes depuis 2008. « Les circuits de distribution du vin changent aussi, avec une tendance positive sur les GMS qualitatives au détriment des cavistes. Les grandes et moyennes surfaces ont fait un gros travail sur la qualité et le service, proposant même des sommeliers. Autre tendance qui se renforce, la part des produits bio, végans, “without”, en accord avec le changement de profil des consommateurs. »

En termes d’opportunité, Mélanie Rouchy reconnaît que le marché allemand est « un peu dur d’accès au départ », mais, une fois installés, les exportateurs peuvent se rassurer avec « des partenaires très fiables ». Et la responsable Sopexa de conclure : « Pour se développer sur ce marché, nous insistons auprès de nos clients sur une approche “consumer centric” avant tout. Partir des goûts et des nouvelles tendances de consommations locales, des modes de vie désormais rythmés par les réseaux sociaux pour proposer des dispositifs marketing/communication permettant d’aller au-devant du consommateur et de susciter l’envie de découvrir des vins qu’il n’a pas forcément l’habitude de boire. Il faut à la fois innover sur le point de vente et lors d’événements et de festivals grand public, et savoir entretenir la relation avec le consommateur sur la durée. »

 

Marché du vin en Allemagne

 

 

Viti leaders 441 mars 2019

 

Article paru dans Viti Leaders de mars 2019

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