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Emballage

Comment recycle-t-on le verre ?

Publié le 16/02/2018 - 16:39

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Que deviennent les bouteilles de vin vides ? Une fois collectées, elles sont envoyées dans des centres de traitement où le verre subit une série de tris. Le verre nettoyé, appelé calcin, devient alors la principale matière première utilisée par les verriers dans leurs fours pour former de nouveaux emballages.

Les centres de traitement du verre sont souvent situés dans les zones de production du vin. Ils réceptionnent tous les emballages en verre – bouteilles, pots, flacons, etc. – qui sont triés et collectés dans les conteneurs mis à disposition par les collectivités locales. Plusieurs opérations de traitement sont mises en place afin de débarrasser le verre récupéré de toutes les impuretés. « C’est un métier très automatisé, qui a beaucoup innové. Un centre de traitement nécessite un investissement lourd, compris entre 10 et 15 millions d’euros », explique Jacques Bordat, président de la Fédération française des industries du verre.
Les métaux ferreux sont tout d’abord éliminés par tri magnétique à l’aide d’une sorte d’aimant, tandis que les non-ferreux – comme l’aluminium – sont extraits par un procédé utilisant les courants de Foucault. De leur côté, les éléments plus légers, comme le plastique ou le carton, sont séparés du verre à l’aide de différentes techniques de criblage, soufflage et aspiration.
Porcelaine, céramique, pierre sont aussi éliminées. « La présence de ces infusibles pose beaucoup de difficultés car ils fondent à une température supérieure à celle du verre et ne pourront donc pas fondre dans le four », explique le président. Pour cela, une méthode de tri optique est utilisée. Chaque morceau – qui peut mesurer seulement quelques millimètres – est analysé individuellement.

« Le calcin est un mélange de différentes couleurs de verre », Jacques Bordat, Fédération française des industries du verre.


Du calcin clair pour fabriquer du verre blanc


Lorsqu’un infusible est identifié, il est éjecté par un jet d’air comprimé. Entre l’entrée et la sortie du centre, la part des infusibles baisse en moyenne de 3 à 5 kg par tonne de verre à moins de 20 g/t.
Depuis plus de 10 ans maintenant, les centres utilisent par ailleurs un tri complémentaire, le démélange, qui consiste à séparer le verre blanc, ou incolore, des autres verres teintés à l’aide d’un tri optique. Grâce à cette étape, il est alors possible de produire du calcin clair, soit du verre recyclé qui peut être utilisé dans la fabrication de bouteilles de verre incolore. Tout le verre, débarrassé de ses impuretés, part ensuite chez les verriers. « Les centres de traitement sont en général à proximité des verreries pour une logique d’efficacité environnementale », indique Jacques Bordat.


1 m de bouteilles produites par jour


Le calcin représente alors la principale matière première des verriers, qui ajoutent également des matières premières vierges, notamment du sable, du carbonate de soude et du calcaire. « Le calcin est un mélange de différentes couleurs – feuille morte, vert, marron, etc. – il est donc nécessaire d’utiliser des matières premières vierges pour ajuster la teinte du verre », précise le président. Pour fabriquer du verre coloré, les verriers peuvent utiliser jusqu’à 90 % de calcin, tandis que pour le verre blanc, la proportion de calcin clair utilisée est plus faible. Toutes ces matières sont fondues dans un four à environ 1 500 °C et y séjournent 24 h afin qu’il y ait une bonne homogénéisation de la pâte de verre. La particularité de ces fours est de fonctionner en flux continu, 7 j/7, 24 h/24. Le verre fondu alimente ensuite les différentes lignes de production. Une première ébauche de la forme est donnée puis une opération de soufflage dans un moule donne la forme définitive à la bouteille ou au pot, tout cela à une cadence élevée et avec une température ajustée. Une usine peut ainsi produire jusqu’à 1 million de bouteilles par jour qui partent alors dans les centres de conditionnement pour être remplies, distribuées, consommées puis jetées. La boucle du recyclage du verre peut alors recommencer.
Aujourd’hui, les enjeux de la filière reposent plus particulièrement sur l’amélioration du taux de recyclage, par la sensibilisation des ménages au tri et la mise en place d’initiatives spécifiques, mais aussi sur l’amélioration de la recyclabilité. Il y a plusieurs mois, une collaboration avait ainsi été mise en place avec Heineken pour améliorer la recyclabilité des bouteilles grâce à de nouvelles étiquettes adhésives. Jacques Bordat souhaite désormais que les « bonnes pratiques » soient connues : « Dans le vin aussi, des étiquettes adhésives sont utilisées. Nous attirons l’attention des utilisateurs sur le choix des colles. »

Pour aller plus loin : 3 bouteilles en verre sur 4 sont recyclées.

Article paru dans Viti Leaders de janvier 2018

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