Imprimer
Commentaires
Ça se passe en… Bourgogne

Le domaine Ponsot a choisi la sélection massale pour replanter en aligoté

Publié le 13/07/2021 - 09:20

En ce mois de juillet, le domaine Ponsot, situé à Morey-Saint-Denis en Côte-d’Or, termine ses mises en bouteilles du millésime 2019.

Nous finissons la mise en bouteille du clos de la Roche grand cru. C’est un vin qui nécessite un élevage assez long. 2019 a été une année avec une petite récolte, nous avons fait seulement 9000 bouteilles contre 15 000 en année classique, précise Rose-Marie Ponsot, la gérante.

Le domaine bourguignon compte 7 ha dont 3,5 ha du clos de la Roche. Il a choisi d’investir dans son propre groupe d’embouteillage.

Cela nous donne davantage de flexibilité par rapport à un prestataire. Nous fractionnons beaucoup nos mises en bouteilles, qui se déroulent sur six mois : nous commençons généralement avec le St Romain en début d’année, pour finir en juillet avec le clos de la Roche, explique Rose-Marie Ponsot.

Les bouteilles ont la particularité d’être fermées avec un bouchon technique (Ardeaseal).

Nous l’utilisons depuis 2008, nous avons un bon retour d’expérience, avec évidemment l’absence de goût de bouchon, mais également davantage de constance dans la qualité des vins, un point important pour nos vins qui voyagent au grand export.

À la vigne pour ce millésime, le pronostic sur la date de vendanges est encore délicat :

Après un printemps froid, la fleur est passée très vite en 3 jours, et la vigne pousse actuellement tellement vite que nous peinons à suivre : à peine finis l’ébourgeonnage et le relevage qu’il faut rogner…

Cette année, le domaine Ponsot a replanté une parcelle de Morey-Saint-Denis village en y intégrant un petit conservatoire.

Le domaine a la particularité d’avoir une parcelle de Morey-Saint-Denis premier cru clos des Monts luisants, un des rares premiers crus blancs de la côte de nuits, et le seul en cépage aligoté. Ce sont des vieilles vignes de 1911. Nous sommes contents de cette particularité historique, car avec le dérèglement climatique, les épisodes de gel sont plus nombreux et l’aligoté est moins gélif que le chardonnay. Nous avons effectué une sélection massale dans l’objectif de pouvoir replanter avec notre propre matériel végétal. Ce conservatoire va également comprendre une sélection massale de nos plus vieilles vignes de pinot noir.

À l’automne, le domaine compte implanter une petite parcelle de vignes en foule.

Nous allons essayer de mélanger arbres fruitiers et vignes comme cela se faisait autrefois, et effectuer par ailleurs quelques essais de cépages du sud.

Même si nous avons encore de la marge par rapport au changement climatique – nos vignes sont essentiellement implantées en coteaux –, et même s’il demeure des paramètres sur lesquels jouer comme retarder au maximum la taille, il faut anticiper cette problématique.

Depuis deux-trois ans, nous avons commencé à vendanger des sous-parcelles dans les parcelles, pour tenir compte des zones plus précoces que les autres. C’est la maturité phénolique qui doit être le déclencheur, du coup, les vendanges s’étalent dans le temps parfois sur quinze jours, ce qui n’est pas forcément facile à gérer, mais nous avons la chance d’avoir une super équipe de vendangeurs.  Nous n’en sommes pas encore à planter de la syrah, mais nous restons vigilants sur cette thématique du réchauffement.

Le domaine fêtera ses 150 ans en 2022.


 

Ajouter un commentaire

Pour ajouter un commentaire, identifiez-vous ou créez un compte.

Nos publications

  • Circuits Culture
  • Cultivar Élevage
  • Cultivar Leaders
  • Culture légumière
  • L'arboriculture fruitière