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Adelphe

L’écoconception des emballages du vin est un bon relais de communication

Publié le 26/04/2021 - 10:01
L’Union des vignerons des côtes du Rhône a supprimé les poignées plastiques sur ses BIB. La boîte est désormais uniquement en fibre papier. L’embossage est utilisé sur les nouveaux coffrets de la maison Perrier Jouët. Photos : DR

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Dans un mois, Adelphe dévoilera les gagnants du concours Millésime destiné à soutenir et à valoriser les entreprises qui s’engagent dans une démarche d’amélioration de l’impact environnemental de leurs emballages. Sophie Wolff, directrice générale, et Sarah Ait Said, responsable des services écoconception d’Adelphe, reviennent sur la portée du concours et la notion d’écoconception.

Lors de la première édition du concours Millésime en 2020, une cinquantaine d’entreprises avait déposé leur candidature. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé la nomination des deux gagnants : château Brillette dans le Bordelais et l’Union des vignerons des côtes du Rhône ?

Sophie Wolff : Le concours Millésime imaginé par Adelphe récompense chaque année deux structures : une entreprise de moins de 50 salariés et une de plus de 50 salariés. Notre idée était de montrer aux acteurs de la filière que l’écoconception n’est pas réservée à une typologie d’entreprises particulière. Pour le jury de professionnels du concours, c’est un moyen de départager les initiatives en cohérence avec les moyens de chacun. Il est tout de même important de préciser que ce jury n’est pas le seul à donner son avis sur les dossiers. 40 % de la note des six finalistes sont attribués par le public. Sur les réseaux sociaux, nous présentons les finalistes et invitons notre communauté à voter pour son candidat préféré. Les entreprises, leurs syndicats, leurs partenaires et fournisseurs peuvent aussi de leur côté relayer le message. Agir pour l’environnement au travers de ses emballages est un message positif et porteur, qui met en avant de manière originale les vins et les entreprises les élaborant.

Sarah Ait Said : Dans le cas du château Brillette, le jury et le public ont apprécié les efforts réalisés sur l’allégement des bouteilles et des capsules. L’allégement est possible sur la plupart des éléments des emballages, même sur les plus légers comme la capsule. Chaque année, le château Brillette produit 140 000 bouteilles. Sur une bouteille, l’allégement d’une capsule ne représente que quelques grammes de matières économisées, mais sur plusieurs millésimes, l’effet mesuré prend de l’ampleur. Par ailleurs, les entreprises pionnières dans des mesures d’écoconception inspirent. Sur le verre par exemple, à l’échelle du vignoble bordelais, le poids moyen des bouteilles est passé de 440 grammes en 2012 à 408 grammes en 2016.

Dans la stratégie globale du château Brillette, le jury avait aussi apprécié le choix de fournisseurs labellisés ISO 9001 ou 14001, FSC et ImprimVert ainsi que les efforts faits sur la réduction des emballages industriels. Au château, les barriques sont livrées sans emballage, et la glassine des étiquettes adhésives est récupérée par le fournisseur.

L’Union des vignerons des côtes du Rhône, qui était la gagnante dans la catégorie « plus de 50 salariés », a été distinguée entre autres pour le développement d’un carton Wrap 6 bouteilles encastrable pour supprimer complètement la housse plastique de la palette, la réduction du poids de la bouteille Cellier des Dauphins Prestige, l’utilisation de bouteilles qui intègrent 85 % de verre recyclé et la suppression de la poignée des BIB.

Toutes les bouteilles de vin en verre n’intègrent pas forcément de verre recyclé ?

S.A.-S. : Non, cela dépend de la teinte du verre. Les bouteilles en verre extra-blanc n’intègrent pas de calcin dans leur composition. Mais il existe des verres transparents avec calcin. Le rendu final entre ces deux types de verre est à comparer.

S.W. : Au sujet du verre, il est bon de rappeler que les verriers français recherchent un maximum de calcin. Aujourd’hui, 85 % du verre est collecté et recyclé en France. C’est un bon résultat, mais il ne faut pas relâcher les efforts sur les 15 % restant. On constate que les gestes de recyclage sont moins importants dans les grandes villes. Il y a aussi un déficit de recyclage sur les contenants en verre souillés, pourtant ils se recyclent tout aussi bien. Face à ces situations, l’Adelphe a donc multiplié les points de collecte dans les grandes villes et communique régulièrement sur ces sujets.

En 2020, la maison champenoise Gardet était finaliste du concours Millésime. Un des points qui avait retenu l’attention du jury portait sur les coffrets moins lourds, en cartons et papiers recyclables. L’écoconception ne concerne pas uniquement les bouteilles ?

S.A.-S. : Effectivement, tous les emballages peuvent être éco-conçus. Dans le cas de la maison Gardet, en passant des coffrets vers des étuis, le poids unitaire de l’emballage a évolué de 496 à 124 grammes. Chaque année, cela représente 2,6 tonnes de fibres papier économisées. Le vigneron a aussi fait le choix d’un fournisseur local qui utilise des papiers FSC et des encres biodégradables à base d’huile végétale, utilisées en moins grande quantité que sur les coffrets. Cette réflexion sur le moins d’encre est intéressante. Les imprimeurs disposent de techniques alternatives à l’impression. Je pense par exemple à l’embossage. Récemment, Perrier Jouët a opté pour cette technique sur ses étuis. Ils restent très élégants, avec les codes du luxe, et sont éco-conçus. L’écoconception et le raffinement sont compatibles !

Étui
Viser le monomatériau papier
Biodégradable et compostable, fabriquée à partir de pâte vierge ou de carton recyclé, la cellulose moulée est un matériau plébiscité dans l’écoconception en remplacement des matières plastique. Photo : Cellulopack Aujourd’hui, les coffrets et les étuis en carton de spiritueux sont majoritairement composés d’éléments de calage en plastique recyclables ou non. Cette imbrication du carton et du plastique ne favorise pas la récupération de la fraction plastique pour qu’elle puisse être recyclée, quand elle peut l’être, et entraîne une perte de matière.
Cellulopack, start-up spécialisée dans le développement et la fabrication d’emballages en cellulose moulée, Verpack, leader français de la production d’étuis et de coffrets en carton haut de gamme, Hennessy, maison de cognac du groupe LVMH, et Adelphe se sont associés pour développer des éléments de calages en cellulose moulée à partir de papiers-cartons recyclés et ainsi obtenir des emballages mono-matériaux entièrement recyclables.

Article paru dans Viti Leaders 460 d'avril 2021

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