Premium
Imprimer
Commentaires
Park and View

Des camping-cars sur les chemins de votre domaine

Publié le 10/05/2019 - 09:40
Avec Park and View,  le contact avec  les camping-caristes  n’est pas obligatoire. CP : Monkey Business/ Adobe Stock

Lancée depuis un mois, la plateforme Park and View vise à mettre en relation agriculteurs et viticulteurs avec des propriétaires de camping-cars. Le but n’est pas d’héberger le véhicule dans l’enceinte de la ferme, mais sur des chemins de l’exploitation. Le contact entre viticulteurs et camping-caristes n’est pas obligatoire, tout transite par la plateforme, de la réservation au paiement de l’emplacement, en passant par le séjour sur place.

« En mettant en relation les propriétaires terriens et les utilisateurs de camping-cars, nous offrons à nos utilisateurs une complète immersion au sein des plus beaux paysages », affirme Grégoire Popineau, fondateur de Park and View. L’idée de créer la plateforme est née d’un constat très simple : « Globalement, toutes les exploitations possèdent des chemins magnifiques qui changent au fil des saisons, explique le fondateur. L’agriculteur qui l’emprunte au quotidien est habitué à cet environnement, alors qu’un citadin recherche ce paysage. »

Pour un emplacement au bord d’un chemin, le viticulteur peut être rémunéré entre 8 et 40 €,  en fonction des commodités. CP : Familie-eisenlohr.de/Adobe Stock

Une plateforme communautaire

Lancée au début de l’année 2018, Park and View est une plateforme communautaire de location et de réservation d’emplacement pour les camping-cars. Elle répond à deux demandes : celle des camping-cars, qui « tournent » en moyenne une heure et demie par jour pour trouver l’emplacement parfait, et celle des agriculteurs, qui cherchent à tirer des revenus complémentaires de leurs terres. Grégoire Popineau explique que « l’objectif de l’application est de mettre en relation ces deux communautés, en toute transparence, et avec un coût de fonctionnement le plus bas possible ».

Une rémunération entre 8 et 40 €

Pour créer son emplacement, rien de plus simple ! Il suffit, au bord d’un chemin, d’en disposer un d’une surface minimum de 15 m2, isolé, sans vis-à-vis, et avec une vue dégagée. Une fois sur le site Internet, l’agriculteur positionne cet endroit sur la carte et il indique le montant qu’il souhaite recevoir en échange. « Les tarifs peuvent varier de 8 à 10 euros pour un emplacement sans commodités, et de 20 à 40 euros pour une place aménagée, avec un abri, des tables, un barbecue », détaille Grégoire Popineau. Les agriculteurs n’ont pas de cotisation à payer. Seuls les coûts de fonctionnement de la plateforme sont retirés, ce qui représente entre un et deux euros.

Une fois l’emplacement enregistré sur la plateforme, l’agriculteur peut choisir s’il veut échanger ou non avec les visiteurs. « Les agriculteurs ont déjà un métier, ils n’ont pas forcément le temps de s’occuper de ce service, reconnaît le fondateur. C’est pour cette raison que cela peut se faire sans contact. L’agriculteur peut signaler la disponibilité de l’emplacement avec une pastille verte. Une pastille orange indique qu’il est occupé temporairement, et une pastille rouge signale son indisponibilité. » Les exploitations qui possèdent une boutique de vente directe peuvent l’indiquer lors de la création de l’emplacement.

Déjà 250 inscrits

Lorsque l’emplacement a été créé, l’équipe de Park and View, après avoir réalisé une recherche de cohérence, le valide. À partir de ce moment, l’emplacement offre trois visites gratuites, et la communauté est informée de cette ouverture. Les premiers visiteurs s’y rendent, prennent des photos et valident à leur tour l’emplacement. Le fondateur rappelle : « Nous sommes intraitables sur la notion de respect et de savoir-vivre. En cas d’imprévu, l’assurance Park and View protège tout le monde. » Pour le moment, en un mois et demi, plus de 250 agriculteurs ont déjà proposé un emplacement. « La particularité de la communauté est, qu’à terme, les personnes qui la forment vont toutes être propriétaires de notre entreprise. Le but ? Que les agriculteurs en démarchent d’autres afin d’avoir un maximum d’emplacements », indique Grégoire Popineau.

 Les tarifs peuvent varier de 8 à 10 € pour un emplacement sans commodités, et de 20 à 40 € pour une place aménagée. 

Park and View et France Passion

Avant de se lancer, le fondateur a réalisé une étude de marché, car une autre plateforme existe déjà sur ce créneau. « Nous avons d’excellentes relations avec France Passion, nous ne sommes aucunement positionnés en tant que concurrents, affirme Grégoire Popineau. Park and view s’adresse à l’ensemble de la communauté agricole, et pas seulement à ceux qui ont une boutique de vente à la ferme. » La plus grande différence entre ces deux business models concerne les emplacements. Park and View propose uniquement des emplacements en immersion totale dans la nature, avec l’assurance de ne pas avoir de voisins et de disposer d’une jolie vue. « Nous n’acceptons pas les prés dans lesquels peuvent stationner jusqu’à cinq véhicules les uns à côté des autres », détaille Grégoire Popineau.

Autre différence, « l’application mobile est visible par tous, gratuitement. Il n’est pas nécessaire d’acheter un guide pour voir les emplacements, comme c’est le cas pour France Passion, explique le fondateur de Park and View. Nous proposons également, gratuitement, aux agriculteurs de publier leur boutique avec les produits, les photos et les horaires d’ouverture ».

Lancée depuis un mois, en version alpha, la plateforme est disponible sur Internet à l’adresse : https://parkandview.com et aussi téléchargeable sur Apple Store et Play Store.

Park and View et France Passion :  des offres différentes

Château Simian (Vaucluse)
« Cesser de recevoir des camping-cars avant de décevoir »

Au château Simian, Jean-Pierre Serguier a tenté l’expérience d’accueillir des camping-cars sur sa ferme. Lui-même adhérent de France Passion depuis une quinzaine d’années, il a décidé d’ouvrir les portes de son domaine. « J’ai fait cette démarche car j’avais besoin de voir du monde, je trouvais le contact avec les camping-caristes intéressant, et cela représentait un débouché supplémentaire pour nos produits », explique ce viticulteur de Piolenc, dans le Vaucluse. Pendant une dizaine d’années, à travers France Passion, il a reçu chez lui des centaines de propriétaires de camping-cars, avant de cesser cette activité par manque de place. « La configuration de nos bâtiments a évolué et nous avons été dans l’incapacité d’offrir un endroit calme aux voyageurs, raconte le viticulteur. J’ai toujours eu des retours positifs, mais je sentais que, tôt ou tard, nous allions décevoir des gens. Quand nous devons aller traiter à quatre heures du matin, il y a forcément du bruit et je ne voulais pas déranger le sommeil de nos camping-caristes. » Pour autant, Jean-Pierre Serguier tire de cette expérience de nombreux points positifs, comme les ventes sur la boutique du domaine et les échanges autour de la production viticole et du métier. « Si dans les années à venir nous trouvons une nouvelle organisation, je serai très heureux de proposer à nouveau l’accueil des camping-cars chez nous », affirme-t-il. 

Article paru dans Viti Les Enjeux de mai 2019

Ajouter un commentaire

Pour ajouter un commentaire, identifiez-vous ou créez un compte.

Nos publications

  • Circuits Culture
  • Cultivar Élevage
  • Cultivar Leaders
  • Culture légumière
  • L'arboriculture fruitière