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Viticulture

Pépiniéristes, partenaires de la viticulture

Publié le 01/12/2015 - 18:39

Le Congrès de la Fédération Française de la Pépinière Viticole (FFPV) s’est tenu  du 26 au 28 octobre en sud-Ardèche, rassemblant plus de 250 professionnels de tout l’Hexagone.

2015, année atypique

La demande a été très soutenue, alimentée notamment par les mesures OCM, les restructurations et les plans collectifs. Si la filière a produit 200 millions de plants en pépinière plein champ (des plants arrachés à l’automne 2014 et vendus en 2015), elle n’a pas pu répondre à toute la demande en raison de taux de reprise historiquement bas soit 50 %. Cela a entraîné des reports de plantations pour les viticulteurs, minimisés sur la façade atlantique grâce à la fourniture de plants en pots, qui sont hélas très peu utilisables dans les pépinières de la vallée du Rhône (en raison du mistral, de la météo, et du taux d’humidité dans l’air).

La production de plants en pots a fait un bond de 11 millions en 2014 à 20 millions en 2015, elle représente 10 % de la production, dans les régions Aquitaine-Val de Loire-Midi Pyrénées. Les plants en pots se développent aussi dans le Languedoc Roussillon grâce au goutte à goutte.

2016 s’annonce globalement dynamique, même si les taux de reprise ne sont pas encore connus.

Le marché export : touché par le protectionnisme et l’embargo,

Miguel Mercier rappelle que le grand export nécessite un document phytosanitaire et des accords entre les pays :

« Nous rencontrons de plus en plus de difficultés sur le plan sanitaire et économique, de plus en plus de pays se ferment, la tendance est au protectionnisme :

  • Pays de l’Est : nous exportions beaucoup vers la Russie et l’Ukraine, nous sommes maintenant touchés par l’embargo
  • Argentine, Tunisie, Turquie font partie des pays qui ont durci leur réglementation sanitaire, pour raisons religieuses ou politiques

Ces baisses sont compensées par un marché dynamique dans les pays européens voisins. Nous sommes loin du début des années 2000 où l’export représentait 1/3 des ventes, aujourd’hui le total mondial est de 10 % de nos ventes. Ce constat s’explique également par le fait que nous avons voulu privilégier notre marché français très demandeur de plants, ce qui ne nous a pas permis d’accompagner la croissance sur l’Europe (parts de marché récupérées par l’Italie). »

Vignes mères de greffons bios

Avec le mouvement de conversion en bio de certains viticulteurs, des vignes-mères de greffons situées en zone de PLO se trouvent exclues de la possibilité d’y prélever des greffons. Dans le contexte actuel de pénurie de greffons certifiés sur certains cépages, la FFPV a renouvelé sa demande d’avoir la possibilité d‘utiliser ces greffons sous condition de traitement à l’eau chaude.
Par l’Arrêté du 7 sept 2015 les pépiniéristes ont la possibilité que ces vignes soient traitées avec le Pyrevert puis TEC (traitement à l’eau chaude) du matériel végétal (dérogation annuelle demandée avant le 31 mars de chaque année)

Flavescence Dorée : succès de la prospection, la dynamique collective fonctionne

FranceAgriMer assure 50 % de la prospection des vignobles à greffons. Et les pépiniéristes, pour la plupart avec l’aide du FREDON (association spécialisée dans la santé du végétal et agréée par le Ministère de l’Agriculture) ont prospecté la plupart des régions, rang par rang et pied par pied, sur un large périmètre incluant donc les vignes des viticulteurs. Toute la profession est sensibilisée.

Un concensus sera-t-il trouvé concernant le traitement à l’eau chaude (TEC) ?

David Amblevert explique :

Nous avons demandé au Ministère, sur les bases d’un rapport remis par l’IFV, l’évolution du couple temps-température de 50° 45’ trop traumatisant à 50° 35’, et nous réaffirmons notre opposition totale à la généralisation du TEC. Le TEC doit rester occasionnel et laisser la place à la prévention, par la prospection et le traitement insecticide éventuel.
D’ailleurs, l’Association des Viticulteurs d’Alsace – celle qui avait demandé d’intégrer dans le cahier des charges Alsace le TEC - demande maintenant le retrait de cette mesure, constatant des reprises aléatoires.

Conclusion de David Amblevert: "traçabilité et transparence"

« À tort nous ne parlions pas assez de ce que nous faisons en termes de traçabilité. Nous demandons maintenant au Ministère de l’Agriculture une mention supplémentaire : sur les étiquettes bleues qui font office de passeport phytosanitaire européen PPE, apposer le pays d’origine des greffons et porte greffes (3 origines seront indiquées : le greffon, le porte greffe, et le pays de l’assemblage)
Nous ne sommes pas des simples fournisseurs, mais des partenaires de la viticulture ».

Pour mémoire

La FFPV regroupe les 13 syndicats régionaux. La pépinière française, ce sont 220 millions de plants, représentant une progression de 12 % par rapport à l’an dernier. Elle occupe la 1ère place de la production mondiale de plants de vignes, et représente à elle seule 40 % de l’offre européenne. La Fédération regroupe 95 % de la production française : environ 350 adhérents et 563 producteurs de plants (= nombre de cartes de contrôle). Le CA de la filière atteint 250 millions d’euros, et c’est une activité fort utilisatrice de main-d’oeuvre, avec 5 000 équivalents temps plein ainsi que la production des porte-greffes qui demande plus de main d’oeuvre saisonnière.

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