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Etiquetage en Union Européenne

Les fabricants de boissons alcoolisées remettent une proposition commune d'auto-régulation sur l'information des ingrédients et de la valeur nutritionnelle

Publié le 13/03/2018 - 18:08

La filière du vin européen, représentée par le CEEV, la CEVI, le COPA COGECA et EFOW ont remis hier mardi 12 mars 2018 au Commissaire européen à la santé, M. Andriukaitis, leur proposition d’auto-régulation sur l’information au consommateur des ingrédients et de la valeur nutritionnelle. Le secteur du vin a su travailler ensemble et de manière constructive pour répondre à ce challenge.

Confronté aux spécificités du produit et du secteur, le monde du vin européen a fait le choix d’une solution moderne qui réponde à une double nécessité : bien informer les consommateurs et permettre à tous les acteurs du secteur, y compris aux plus petits vignerons, de mettre en place ce nouveau dispositif.

 

Notre seul point commun : la molécule d'éthanol

Le commissaire européen à la santé leur avait laissé un an pour proposer des mesures communes quant à l’étiquetage nutritionnel et des ingrédients entrant de leurs productions. Brasseurs, cidriculteurs, vignerons et producteurs de spiritueux, industriels ou artisans, ont réussi à se mettre d’accord.

Lorenza Romanese, chargée de mission de la CEVI, la confédération européenne des Vignerons Indépendants détaille :

Cela a été très difficile. Les quatre filières ont fait des consensus. Notre seul point commun c’est la molécule d’éthanol ; pour le reste, nous défendons des positions et des intérêts parfois très éloignés. Nous espérons que le Commissaire appréciera la réussite de ce travail collectif et les propositions formulées, modernes et ambitieuses.

 

Un socle, des déclinaisons

A un socle de mesures communes s’ajoutent des déclinaisons pour chacune des quatre filières.  Parmi les éléments clés des principes directeurs élaborés par les secteurs européens des boissons alcoolisées no- tons ces deux points :

• l’information nutritionnelle et la liste des ingrédients seront données aux consommateurs de façon dématérialisée et/ou sur l’étiquette. Les informations dématérialisées seront facilement accessibles via l’étiquette elle-même ;

• les opérateurs du secteur alimentaire responsables de l’information alimentaire décideront de la manière de présenter les informations.

À un socle commun s’ajoutent donc des annexes sectorielles spécifiques. Ainsi pour le vin, le secteur s’engage à indiquer soit sur la bouteille soit en ligne, les calories (sans détail lipides/glucides/protéines) par 100 ml et non par unité d’alcool. Ce qui donnera par exemple pour tous les efferves- cents bruts: 100 ml: E= 301 kJ / 72 kcal.

Pour les ingrédients, variables selon les années et les vins, il est proposé trois phrases types traduisant les idées suivantes: les ingrédients utilisés sont des substances autorisées par la réglementation, historiquement utilisées ou entrant dans un procédé œnologique particulier.

 

Répondre aux attentes des consommateurs

Le président d’EFOW, M. Bernard Farges, explique :

Nous avons à cœur de répondre aux attentes des consommateurs qui aiment nos vins. Le secteur du vin européen n’a rien à cacher ; nous sommes fiers de nos produits de qualité et de nos pratiques œnologiques exigeantes. La solution que nous proposons aujourd’hui vise à maintenir cette relation de confiance avec le consommateur. Le secteur s’engage dans une démarche qui va permettre d’indiquer soit sur la bouteille, soit en ligne, les calories par 100ml conformément à la législation européenne et les ingrédients.

Le président du groupe de travail vin du COPA COGECA, M. Thierry Coste, développe :

Contrairement à d’autre boissons alcoolisées, le vin est un produit agricole qui évolue constamment. Il n’est pas fabriqué sur base d’une recette, ce n’est pas un produit industriel standardisé. Le vigneron doit adapter sa vinification pour produire le meilleur vin possible. La proposition que nous avons présentée aujourd’hui tient compte de cette spécificité.

Le président de la CEVI, M. Thomas Montagne, insiste sur le fait que:

Notre secteur est extrêmement atomisé et se compose essentiellement de petites et moyennes entreprises. Notre proposition vise à permettre à tous les opérateurs d’être sur un pied d’égalité quant à l’information à fournir aux consommateurs. L’ensemble du dispositif permettra au consommateur d’avoir facilement des informations sur les ingrédients et sur les valeurs nutritionnelles de nos vins.

Enfin, le président du CEEV, M. Jean-Marie Barillère, espère que:

La Commission européenne mesurera l’importance des avancées faites par notre secteur en moins d’un an et qu’elle validera notre proposition. Nous souhaitons qu’elle envisage de la transformer en loi. Ceci permettra de préserver le Marché Unique et que les mêmes règles s’appliquent à tous les vins, pas seulement ceux produits dans l’UE mais aussi aux vins des pays tiers.

La suite est entre les mains de l’équipe du commissaire européen en charge d’évaluer les propositions qui le transmettra, ensuite, aux 27 commissaires européens appelés à statuer sur le projet. Si le vote est positif, il faudra alors trouver un paquet juridique où placer ce texte, ce qui ne sera pas le plus simple.

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