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Étude

5 scenarios prospectifs pour les vins bio

Publié le 14/06/2017 - 18:00

France Vin Bio, association interprofessionnelle des vins biologiques, qui fédère les associations interprofessionnelles des régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Centre-Val-deLoire, Grand-Est, et Bourgogne-Franche-Comté, a souhaité mener un exercice de prospective pour la filière française des vins biologiques à l’horizon 2035.

En partant d’hypothèses sur le développement des vins bio, les auteurs de l’étude ont formalisé 5 scénarios. Loin d’être un document prédictif, l’étude fourmille de piste de réflexion. En voici quelques-unes, à compléter par la lecture de l’étude dans son intégralité.

 

Scénario 1 : La filière vin bio essaie de survivre

Confrontée à une situation macro-économique très difficile et au renforcement de la lutte anti-alcool, bloquée par les impasses techniques et victime des effets du changement climatique, la filière vin bio voit son marché s’effondrer.

Mais jugeant les rares innovations techniques transférables contraires à ses principes philosophiques, elle s’interdit de plus de profiter de la flexibilité réglementaire offerte pour faciliter l’adaptation de ses acteurs économiques.

Supplantée par d’autres labels, sa survie dépend de l’installation de néo-ruraux et de la conversion d’exploitants conventionnels

 

Scénario 2 : La filière réduite au segment premium «vin bio & santé»

Dans un contexte macro-économique très difficile, avec une réglementation bio de plus en plus contraignante, bloquée par les impasses techniques mais jugeant les rares innovations techniques transférables contraires à ses principes philosophiques, la filière vin bio profite des conséquences du changement climatique qui jouent en sa faveur pour rééquilibrer son différentiel de productivité avec le conventionnel.

Supplanté par d’autres labels, le vin bio tire parti de son élément de différenciation en faveur de la santé humaine pour occuper et travailler ce seul segment du marché.

 

Scénario 3 : le Phénix Bio

Dans un contexte particulièrement hostile, combinant une crise économique généralisée, une forte pression anti-alcool des autorités de santé, un impact sévère du changement climatique et une restriction continue du nombre de molécules utilisables, la plupart des producteurs d’IG et de vins bio font converger leurs pratiques et leurs cahiers des charges ouvrant la voie à la création d’une catégorie IGB (Indications géographiques bio). Quelques uns refusent l’assimilation bio-IG, tentent de jouer la carte de la surenchère en s’interdisant toutes les innovations techniques et se marginalisent. Ce mouvement exigeant pourra sortir de sa marginalité par l’émergence de refondateurs qui mettent en avant un contre-modèle politique.

 

Scénario 4 : la filière vin bio gère sa rente de situation

Devenue référente environnementale, identifiée comme voie de résistance aux chocs climatiques, reconnue dans les instances du vin, soutenue par les Pouvoirs Publics, la filière « vin bio » contrôle son développement de manière restrictive pour protéger sa rente de situation en intégrant avec parcimonie les avancées de la recherche et en restreignant la surface de son vignoble…

 

Scénario 5 : croissance quantitative assumée

La viti-viniculture bio sort de sa niche pour s’imposer comme le contre modèle agricole en lieu et place de l’IG dans un contexte où le vin est dorénavant majoritairement produit agro-industriel comme les autres.

Respectueux de l’environnement et de la santé des consommateurs, apte à atténuer les effets du changement climatique, et pour cela soutenue par les pouvoirs publics, la filière vin bio accepte les pratiques physiques et l’intégration de l’innovation technique sans nier ses principes philosophiques essentiels, et relève le défi d’une croissance quantitative conséquente.

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