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Changement climatique : Les cépages les plus adaptés identifiés

Publié le 28/01/2020 - 13:09

Une équipe internationale, incluant des chercheurs d’Inrae et Bordeaux Sciences Agro, montre que 56% des régions viticoles du monde pourraient disparaître avec un réchauffement de 2°C, et 85% avec un réchauffement de 4°C. Le communiqué précise que l’introduction de plus de diversité de cépages dans les vignobles pourrait réduire de moitié les pertes potentielles dans les régions viticoles dans le scénario à + 2°C et d’un tiers dans le scénario à +4°C.

Or il existe plus de 1 100 variétés actuellement cultivées et documentées. De plus, la production viticole est très sensible aux changements de température et de saison, ce qui en fait un bon indicateur de l’impact du changement climatique sur l’agriculture.

L’étude a exploré l’impact climatique sur 11 variétés : cabernet-sauvignon, chasselas, chardonnay, grenache, merlot, mourvèdre, pinot noir, riesling, sauvignon blanc, syrah et ugni blanc. Ces variétés représentent 35 % de la superficie plantée dans le monde, et atteignent 64 à 87 % dans de nombreux pays viticoles importants comme l'Australie, le Chili, la France, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et les États-Unis.

Selon leur modèle, les chercheurs ont identifié des cépages qui pouvaient être plus ou moins favorisés dans les conditions futures. Ainsi, les variétés tardives telles que la syrah, le grenache et le mourvèdre pourraient beaucoup plus se développer dans les régions viticoles actuelles, et en parallèle les variétés précoces telles que le chasselas, le pinot noir et le chardonnay pourraient se répandre dans de nouvelles régions plus septentrionales qui développeraient leurs propres vignobles.

Par ailleurs, les surfaces par pays ont été quantifiées. Les pays méditerranéens comme l’Italie ou l’Espagne montrent de nombreuses pertes (environ - 65%), avec très peu de gains (moins de 10 %), tandis que les régions correspondant aux latitudes plus élevées comme la Nouvelle-Zélande ou le nord des Etats-Unis montrent principalement des gains (+20-100% et +15-60% respectivement). Enfin, des pays en zones plus tempérées, comme la France et l'Allemagne, enregistrent autant de pertes que de gains (environ 20%). Certains pays risquent de perdre beaucoup de vignoble avec le changement climatique

Des travaux complémentaires (projet LACCAVE,) sur des variétés autochtones sont nécessaires pour connaître leur adaptation au changement climatique. Enfin, il est aussi important de sensibiliser les consommateurs à essayer de nouveaux cépages afin que les producteurs puissent diversifier leur production et augmenter leur capacité d’adaptation. Dans certains vignobles d’appellation, cela devra s’accompagner de modifications des règles de production.

Le communiqué précise :

À l'échelle locale, l’adaptation des pratiques viticoles et le choix de variétés de vigne adaptées permettront de prévenir, au moins partiellement, la disparition de certains vignobles. Mais à l'échelle mondiale, l’avenir des régions viticoles dépend des décisions politiques et sociétales qui seront prises dans les prochaines années et des émissions de gaz à effet de serre et, par suite, du réchauffement global qui en résultera. 

 

 

 

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