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Développement durable et économie d'energie

Passer son tracteur au banc d'essai moteur !

Publié le 21/10/2015 - 15:45

Dans le cadre de sa démarche durable, la Cave de St Maurice a initié un passage au "banc d'essai moteur" pour les tracteurs de ses vignerons.

Objectifs recherchés? Construire une réflexion sur:

  • les économies d'énergies fossiles;
  • une diminution de l'impact carbone de l’activité;
  • et une meilleure utilisation des tracteurs.

Définir un fonctionnement optimal

Le pôle régional agroéquipement de Languedoc-Roussillon a assuré cette prestation. Cette action a pour but de définir des plages de fonctionnement optimales des moteurs et transmissions permettant de réaliser un travail donné avec un minimum de carburant.
               
Les résultats des tests ont été globalement cohérents avec les préconisations d’origine constructeur tant niveau de la puissance développée que de la consommation de carburant. Toutefois, on a pu constater quelques défauts de réglage du débit de carburant de la pompe à injection pouvant entraîner une variation de la puissance et donc une surconsommation de carburant allant jusqu’à 2 litres/heure en cas de surpuissance. Cependant, ce type de défaut peut être "amélioré" grâce à l’intervention d’un mécanicien.

Conduite économique

Les autres enseignements qui ressortent des tests portent sur la conduite économique.

1. Utilisation des outils animés par la prise de force du tracteur

Le premier résultat intéressant concerne l’utilisation des outils animés par la prise de force du tracteur. Il s’avère que la prise de force dite économique – appelée aussi 540 ECO ou 750 – permet d’économiser en moyenne 2,8 litres/heure. Ce gain en carburant est possible sur l’ensemble des tracteurs, et va de 1,1 à 4,2 litres/heure. L’explication technique est que cette prise de force permet d’atteindre le régime normalisé de 540 tr/min à un régime moteur moindre, autour de 1 600 tr/min au lieu de 2 000 tr/min. Cette réduction de régime est synonyme de réduction de consommation, mais entraîne aussi une légère baisse de puissance disponible de l’ordre 7 ch, qui peut être rédhibitoire avec certains outils difficiles. L’utilisateur doit, pour s’en assurer, tester cette prise de force en premier lieu avec un outil donné, et, si le travail demandé n’est vraiment pas possible, passer à la prise de force normale.

2. Il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’atteindre le régime nominal du moteur

Par ailleurs, ces tracteurs testés – comme la grande majorité des tracteurs de moins de 15 ans – présentent des particularités de fonctionnement de leurs moteurs liées aux évolutions techniques apportées par les constructeurs. De larges plages de puissance constante de 600 tr/min en moyenne permettent d’observer que 95% de la puissance disponible est déjà atteinte au régime moteur de 1 650 tr/min en moyenne (de 1 400 à 1 900 tr/min selon les modèles). Cela signifie en d’autres termes qu’il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’atteindre le régime nominal du moteur (gaz "à fond") pour accéder à la puissance maximale.
La consommation de carburant se trouve réduite de près de 3 l/h par rapport à l’utilisation de ces moteurs au régime nominal moyen de 2 250 tr/min (de 2 100 à 2 350 tr/min selon les modèles).
En pratique, il sera possible de réduire le régime moteur aux environs de 1 700 tr/min lors des travaux au champ de type traction: charrue, déchaumeur, préparation de sol. En effet, dans ces conditions, le régime moteur n’a pas d’incidence sur le débit de chantier sous réserve d’adapter les rapports de transmission de la boîte de vitesse.
 

En résumé : 815 € de carburant économisé par tracteur !

Les tests réalisés au banc d’essai moteur lors de cette journée ont été bénéfiques pour les agriculteurs. S’ils appliquent les conseils donnés par le technicien tant d’un point de vue réglage moteur qu’indications sur la conduite économique, ils pourront économiser annuellement 815 € de carburant par tracteur (au cours moyen actuel du GNR), ce qui représente près de 3,7 tonnes de CO2 non émis dans l’atmosphère !
Les vignerons qui ont suivi ce diagnostic ont été très réceptifs et intéressés par ces résultats. Ils ont vivement conseillé aux autres coopérateurs de suivre cette action.

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