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Vigne

Comment bien réussir sa complantation

Publié le 21/11/2014 - 16:30
Le remplacement de pieds de vigne est un acte important dans la gestion parcellaire d’un vignoble. La fréquence des complantations, la méthode de complantation et la nutrition impacteront directement les rendements futurs du complant. La réussite du remplacement de plant de vigne permet d’obtenir un cep avec un développement racinaire et foliaire équilibré pour une mise en réserve optimale. Cet aspect est majeur pour une entrée en production plus rapide, favorisant ainsi l’homogénéité de la parcelle complantée. Le taux de reprise doit être maximal et l’investissement de la complantation (temps, matériel végétal) ne doit pas être compromis par l’impasse d’un apport de fertilisant ou de terreau adapté.
L’Institut français de la vigne et du vin a édité une fiche pratique complantation bien documentée sur le volet mécanique.
 

1re étape : complanter ou attendre ?

Trop souvent, la complantation n’est pas prise en compte à sa juste valeur. Les impasses peuvent avoir des conséquences néfastes sur les rendements et peuvent aller jusqu’au déclassement de l’appellation. Pour ne pas arriver à une trop faible densité à l’hectare, il est important de réaliser un programme de complantation annuel afin d’assurer les rendements et de les réguler entre parcelles. La pérennité du vignoble en dépend.
 

2e étape : la densité à l’hectare

Aujourd’hui, une prise de conscience a lieu dans le domaine viticole sur les problématiques de densité et de rendement autorisés. Optimiser la densité des parcelles comporte un intérêt économique à court terme sur les rendements et à long terme sur la durabilité du vignoble. Remplacer les pieds morts ou déficients permet de respecter la densité requise pour l'appellation et de retrouver la rentabilité de la parcelle. Pour donner toutes ses chances au complant, il ne devra pas être en concurrence avec d’autres souches. La complantation permet d’éviter des arrachages précoces de parcelles.
 

3e étape : complantation le plus tôt possible

L’objectif est de faire pousser le plant rapidement pour qu’il atteigne une végétation et un système racinaire suffisamment développés pour passer sereinement les périodes de sécheresse et de froid.
L’idéal est de complanter en automne ou au printemps en fonction de la typologie du sol. Il est important de ne pas attendre le mois de mai et les remontées de température: les jeunes complants auront du mal à s’installer.  
La date pour réaliser les trous dépendra de la texture du sol. Si le sol est graveleux ou sablonneux, la réalisation du trou se fera à l’automne. Dans le cas d’un sol argileux ou limoneux, une complantation de printemps sera plus adaptée car les sols imperméables engendrent des stagnations d’eau qui risquent d’asphyxier le système racinaire du jeune complant.
 

4e étape: différentes méthodes de complantation

Le secret de réussite d’une bonne complantation se trouve très souvent dans la combinaison: période de complantation, compaction des sols et nutrition. Ces éléments doivent être maîtrisés.
Il faut placer les racines dans les meilleures conditions afin qu’elles colonisent le plus rapidement possible le substratum. Cela se traduit par une optimisation du complexe argilo-humique et notamment pour son rôle dans la gestion de la réserve hydrique. Une nutrition de qualité, spécialement développée pour la complantation de vigne, va optimiser l’échange des éléments nutritifs et favoriser une bonne assimilation du jeune complant. Il faut éliminer tous les facteurs limitants.

Pour la nutrition du complant, deux techniques existent: 

  • Dans un trou réalisé avec une tarière, il est conseillé de mettre 2 litres de terreau, puis mettre le complant en contact racinaire. Il est possible de réaliser le trou, de déposer les 2 litres de terreau, de le refermer et de repasser 1 à 2 mois après à la fourchette. L’arrosage n’étant pas systématique suite à une complantation, il faut nourrir le complant avec un support permettant au plant d’avoir une réserve hydrique importante. Le centre de recherche Frayssinet a travaillé sur les problématiques de nutrition, de stimulation racinaire et de rétention en eau pour une croissance rapide du jeune plant. Dans ce sens, nous avons mis au point le support de culture Orgasyl, Des essais en complantation vigne sont consultables.
 
  • Une autre solution, adaptée aux sols pauvres en argile, consiste à faire un trou à la tarière et à mélanger  un amendement organique, type Végéplan, lors de la complantation. Il est préconisé de ne pas mettre l’amendement organique en contact avec les racines. Cette technique permet de réaliser un mini "défonçage" pour aérer le sol et favoriser l’émission des jeunes racines. Elle est utilisée sur de nombreuses propriétés du bordelais, notamment dans le Médoc et les Graves.
 

Essai de complantation de vigne: De gauche à droite : témoin non traité, témoin avec terreau enrichi, Orgasyl

À retenir, réaliser la complantation le plus tôt possible dans un sol aéré en créant les conditions idéales du développement racinaire avec une nutrition organique progressive adaptée, une optimisation du complexe argilo-humique et des conditions favorables à la mise en place d’une réserve hydrique.

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