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Développement Durable à la Cave des Vins de Rabelais

Enrichir la biodiversité du vignoble de Chinon pour l’avenir des exploitations

Publié le 29/08/2017 - 10:19

Chaque année 26 280 espèces disparaissent à travers le monde avec des conséquences souvent graves et imprévisibles – la plus connue étant la disparition des abeilles qui a un fort impact sur la pollinisation des fleurs.  Conscients que leur métier n’est pas sans impact sur leur environnement, les vignerons de la Cave des vins de Rabelais à Chinon, labellisés Vignerons en développement durable (VDD) depuis 2013, ont décidé de s’engager encore un peu plus pour l’avenir de leurs exploitations et de la planète.

Maintenir la biodiversité dans les vignobles

L’enjeu est de maintenir la biodiversité au sein des vignobles et de préserver l’avenir des terroirs. En effet, si l’on prend la définition du "Terroir" il est logique d’inclure le facteur biodiversité en plus du sol, du sous-sol, du climat et des facteurs humains, dans le sens où la biodiversité a un impact non négligeable sur les écosystèmes.

Les étapes du projet

2015 : inventaires naturalistes, réalisés par le CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement) sur 41 parcelles des vignerons engagés dans la démarche Agriconfiance & VDD (échantillonnage, entre 2 et 4 parcelles par exploitant). L’ensemble de la vallée de la Vienne, de Savigny en Véron à Crouzilles, soit 250 hectares, a été sillonnée afin d’avoir une bonne représentativité des vignobles.

 

2016 : proposition d’une boîte à outils pour les exploitants en lien avec la TVB (Trame Verte et Bleue), ainsi qu’un plan d’action individualisé. Pour chaque exploitation, des préconisations sont proposées par le CPIE sous forme de fiches-actions comme l’implantation d’arbres, de haies, de zones de rocailles, une approche différente de la gestion des zones enherbées, etc.

 

Les vignerons ont également choisi plusieurs actions à mettre en œuvre collectivement afin d’avoir un fil conducteur : l’implantation de nichoirs à huppe fasciée et d’hôtels à insectes.

 

Le projet n’est pas de redessiner un paysage (ce qui serait beaucoup trop contraignant et irréalisable) mais plutôt de l'enrichir d’un écosystème en "pas japonais", en parsemant des niches écologiques sur tout le territoire.

2017 : le CPIE et une œnologue-conseil de la cave des vins de Rabelais, en charge du projet biodiversité sont repassés chez chaque vigneron pour lancer les actions.

Une inauguration a eu lieu le 29 juin 2017 avec l’installation d’un premier hôtel à insectes et d’un nichoir sur le domaine d’Émilien Desbourdes en présence des parties prenantes locales.

Les résultats obtenus

Les résultats des inventaires de 2015 ont été présentés au PNR Loire Anjou Tourraine et à la profession viticole en mars 2016.

242 espèces inventoriées, dont :

  • 31 patrimoniales (alouette lulu, ornithope comprimé, grand rhinolophe…)
  • 17 espèces de chauves-souris inventoriées
  • 5 espèces patrimoniales d’oiseaux

Les bénéficiaires directs de ces actions sont les vignerons (voir les études sur l’intérêt écologique des chauves-souris en viticulture : "Les pipistrelles et la sérotine commune pourraient être des alliées pour lutter contre l’eudémis"), mais aussi les habitants de la vallée (amélioration de l’état écologique de la vallée).

Cette initiative a permis aux vignerons de passer d’une vision abstraite d’un concept – la biodiversité – a une vision beaucoup plus précise et concrète du nombre d’espèces présentes, de leur rôle, de leur valeur sur l’environnement comme sur les vignes de leur propriété.

La flore et la faune peuvent en effet servir d’auxiliaires aux vignerons et les "aider" dans leurs travaux à la vigne : lutte contre les parasites de la vigne, lutte contre l’érosion, régulation climatique, réduction des intrants, etc.

Les prochaines actions et perspectives futures

Les 14 vignerons engagés vont mettre en place les hôtels à insectes, nichoirs et planter des arbres d’ici fin 2018.

Une plaquette "biodiversité dans les vignes" élaborée par le CPIE et la Cave des vins de Rabelais sera diffusée à l’ensemble des vignerons de la Cave des cins de Rabelais mais aussi des Caves de la Loire.  

Pascal Brunet, président de la Cave des vins de Rabelais, explique :

En reprenant les diverses actions mises en place, parfois très simples et peu coûteuses, nous espérons qu’elles feront naître de nouveaux projets dans nos exploitations pour assurer le maintien de la biodiversité au sein de nos vignobles.

Un suivi de la faune et la flore est prévu pour 2020. Il permettra de quantifier l’évolution des taxons précédemment inventoriés. Il sera alors possible de déterminer si les actions mises en place ont réellement favorisé le développement de la biodiversité et l’arrivée de nouvelles espèces dans ces espaces culturaux jusqu’alors très ouverts et parfois déconnectés du réseau écologique pour certaines espèces. Ce sera également l’occasion de voir si les gîtes pour la faune précédemment installés ont été occupés.

Ce projet pourra s’appliquer à une plus large échelle ; une extension à l’échelle d’autres territoires est en réflexion, en intégrant certains aspects importants pour les vignerons, comme la relation proies-prédateurs dans les vignes, avec la présence d’auxiliaires de cultures luttant contre les ravageurs.

La Cave des vins de Rabelais a bénéficié d’un financement de la Fondation Liséa, qui soutient les projets liés au patrimoine naturel dans les départements traversés par LGV Tours-Bordeaux et de la Région Centre - Val de Loire.

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