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Enherbement du rang de plantation

Une gestion au cas par cas

Publié le 27/11/2012 - 16:00

L’enherbement du rang de plantation des vignes constitue une piste intéressante pour se passer des herbicides. Mais il faudra le raisonner au cas par cas. Ce sont les conclusions des études réalisées par l’IFV Sud-Ouest depuis 2007.

Trois points principaux ressortent des observations :
 
1. Le taux de recouvrement des couverts semés assure un bon contrôle de la flore adventice. Parmi les couverts testés, Dactylis hispanica semble l’espèce la plus efficiente, mais elle peut nécessiter plus d’entretien certaines années. Tous sites et toutes modalités confondus, le nombre de tontes est équivalent voire inférieur à un désherbage mécanique du rang, soit deux en moyenne.
 
2. Sur la majorité des sites, le suivi ne met pas en évidence d’augmentation de la contrainte hydrique estivale avec l’enherbement total. En revanche, la concurrence azotée, mesurée à floraison et à véraison, se traduit par une réduction de la surface foliaire et de la teneur assimilable des moûts. La gestion de la contrainte azotée demeure donc le point crucial.
 
3. L’enherbement total de la vigne accentue les effets observés lors d’un enherbement de l’interrang : réduction du rendement et de la vigueur, augmentation de la teneur en sucres et polyphénols, amélioration de l’état sanitaire. L’intensité de ces impacts varie en fonction des caractéristiques pédoclimatiques, du type de production et des graminées semées.
La fétuque élevée s’avère la plus concurrentielle des espèces testées.
 
En conclusion, il n’y aura pas de recette miracle, mais bien un équilibre à rechercher en fonction des objectifs de rendements, du millésime, et de son terroir.
Des actions correctives, comme l’introduction d’un désherbage mécanique un interrang sur deux, l’apport d’engrais azoté au sol, des semis de trèfle blanc, luzerne, lotier pourraient compenser une trop forte concurrence et un déficit azoté.
 
En définitive, la gestion de l’enherbement doit se raisonner dans une approche beaucoup plus globale de l’entretien du sol (fertilité, choix du porte-greffe…).
 
Reste à savoir si cette pratique sera économiquement viable et sociologiquement acceptée par les viticulteurs. Ces deux aspects sont au cœur du projet «0 herbiviti», coordonnée par l’IFV Sud-Ouest. L’enherbement naturel ou semé y est testé sur un réseau de sept sites pilotes du bassin Adour-Garonne (Midi-Pyrénées, Aquitaine et Poitou-Charentes). La synthèse de ce projet devrait être disponible d’ici le printemps 2013. Mais les premières enquêtes mettent en évidence une certaine réticence de la part des viticulteurs à pratiquer l’enherbement intégral. Les principaux freins évoqués sont la concurrence hydrique, les maladies, la concurrence azotée. Économiquement, le véritable obstacle à l’enherbement du rang concerne les temps de travaux.

Et vous, avez-vous déjà testé cette pratique ? Quels enseignements en retirez-vous ?

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