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Vignoble nantais

Un tunnel de traitement 5 rangs à l’essai

Publié le 06/05/2015 - 16:19

Si les panneaux récupérateurs de certains pulvé récupèrent les pertes latérales de bouillie, la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique mène la réflexion depuis 2004 sur les traitements sous tunnel pour limiter les pertes aériennes. Après un premier prototype 3 rangs construit en 2009 par la SARL Guérin (Vallet - 44), puis un second en 2012, l’enjeu était de sortir le modèle 5 rangs pour gagner en débit de chantier, présente Alain Treton, responsable pôle viticulture à la CA44.

Ce premier prototype 5 rangs a ainsi été présenté aux officiels lundi 4 mai 2015, dans le vignoble nantais. C’est Pierre Babonneau, vigneron et président de la Cuma de la Chapelle-Heulin, qui aura en charge l’utilisation de cet équipement pour une batterie de tests suivis par la chambre d’agriculture, le réseau des Cuma et la MSA, dans le cadre du projet Tunnelinov, soutenu par la région. Un passage sur le banc de test Evaspray de l’IFV-Irstea est prévu pour la fin d’année.
 

Construit à partir d’un tracteur vigneron mis sur enjambeur, le système de traitement par jet porté avec brassage d’aire se compose de 5 petits tunnels de 1,45 m de large, dont un sous le tracteur. Deux buses sont disposées sur chaque face, avec systèmes de récupération de bouillie à la base de chaque panneau. Le liquide récupéré est pompé puis filtré pour être réinjecté dans la cuve de 600 l. En bout de rang, le remontage de l’ensemble est possible, ainsi que le repli des bras pour n’avoir que 3,20 m de large, et circuler ainsi sur la route. Des capteurs positionnés de chaque côté régulent la hauteur par rapport au sol, permettant ainsi de travailler en dévers. Le système devrait pouvoir s’adapter sur enjambeur. Vitesse d’avancement : 5,5 km/h.

Économie de bouillie et de gasoil

Les tunnels récupèrent 30 à 70 % de la bouillie émise, selon le stade de développement du feuillage. Les tests sur prototype 3 rangs ont conclu à un gain de produits de traitements entre 150 et 250 euros/ha, auxquels il faut ajouter les économies de carburant, avec une turbine tournant à mi-régime grâce au système de canalisation de l’air, diminuant les besoins de gasoil de 30 %, avance Olivier Guérin, directeur de la société Guérin.
 

Gérard Besnier, conseiller machinisme CA44

Ce tunnel est destiné à protéger un vignoble de 40-50 ha. Le modèle 3 rang semble en effet réservé aux surfaces de 15-20ha, au-delà desquelles cet équipement est limitant. Les intérêts avancés sont environnemental (limiter la dérive), économique (gain de produit et de bouillie) et agronomique (meilleure protection du feuillage avec une bouillie appliquée notamment sur les faces inférieures des feuilles grâce à la turbulence créée par les les sorties d'air). Gérard Besnier, conseiller matériel à la CA44, avance

En grossissant le trait, il faut savoir que 50% des pertes à la pulvérisation se font par voies aériennes, et 10-15% sur le sol, d'où le vrai intérêt du tunnel pour récupérer ces pertes.

Bientôt un 2e prototype

Un 2e prototype devrait sortir prochainement, avec plus d’automatisme sur la pulvé et le guidage. Si aucun prix n’a été annoncé, Alain Treton assure qu’il devrait se situer au niveau des matériels de traitements proches, avec une commercialisation fixée apriori pour 2017.

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