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Flavescence dorée

Plus de surveillance et moins de systématisme

Publié le 26/02/2014 - 16:21

L'affaire juridique qui agite le monde viticole en ce moment s'est conclue lundi 24 février dernier. Le tribunal correctionnel de Dijon a mis la décision en délibéré au 7 avril 2014. Emmanuel Giboulot, vigneron en biodynamie sur la côte de Beaune et les hautes-côtes de Nuits devra attendre encore quelques semaines pour savoir si, oui ou non, l'État le reconnaît coupable pour ne pas avoir traité ses vignes contre la cicadelle de la flavescence dorée, alors qu'un arrêté préfectoral l'y obligeait.

L'histoire remonte à 2013.  Alors que certains, pour être en "règle" en cas de contrôle achètent des pyrèthres sans les mettre dans la vigne, Emmanuel Giboulot a décidé de ne pas se plier, même à moitié, aux obligations de traitements. Sur bastamag.fr, il déclare :

Même les insecticides naturels ne sont pas inoffensifs car ils ne sont pas sélectifs et on détruit toute la faune auxiliaire. Or, notre approche en biodynamie, que l’on applique sur nos vignes depuis les années 1970, est de travailler sur les équilibres biologiques.
On sait que le traitement systématique ne règle pas le problème.

Pas assez de suivi

Nathalie Caumette, présidente du Syndicat de l'AOC faugères interrogée sur ce sujet lors de Vinisud réagit:
Nathalie Caumette, présidente du syndicat de Faugères (s.favre/pixel image)

Sur l'AOC faugères plus d'un tiers des surfaces sont en agriculture biologique. Des villages de l'appellation sont en lutte obligatoire contre la flavescence dorée. Les traitements systématiques interrogent.  D'autant qu'ils ne sont pas efficaces. 

La solution n'est pas dans la lutte chimique sytématique mais dans le suivi.  Et il n'y en a pas assez.  Sur l'Hérault, il n'y a qu'un technicien de la Fredon dédié à ce sujet.  Il est très efficace, mais seul.

Sur l'AOC, le syndicat a créé un groupement de défense dont je suis responsable. On organise des tournées de prospection tous les ans, fin aout, mais surtout des formations pour détecter les symptômes et les reconnaître. Nous faisons de même pour les larves en mai. Ce n'est pas une maladie honteuse, qui se développe en priorité chez les bio comme on peut l'entendre. Il faut de la rationnalité donc un encadrement technique. 

Je téléphone à tous les producteurs pour qu'ils fassent de la prospection, mais aussi pour savoir s'ils ont arraché les souches malades. Il y a beaucoup de temps à y consacrer.  Ce n'est pas vraiment au syndicat de se charger de cette mission.

Il y a un manque d'information, de prospection, mais aussi de contrôles administratifs pour savoir si les arrachages sont faits. 

Quelle est votre position sur les traitements systématiques?

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