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Château Pierre Bise, Maine-et-Loire

Orienter le couvert vers des espèces annuelles

Publié le 28/07/2017 - 11:00
Le Château Pierre Bise souhaite « orienter » ses couverts vers des annuelles précoces qui se couchent bien, c’est-à-dire avec des hautes pailles ou des grosses pailles, telles que le seigle, l’avoine ou l’orge, ou avec des légumineuses précoces comme le trèfle incarnat. © Château Pierre Bise

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René Papin, vigneron dans le Maine-et-Loire, a opté pour le semis direct de certaines espèces de couverts pour entretenir la fertilité et la vie de ses sols.

 

«Historiquement, l’enherbement est pratiqué au domaine depuis les années 1990. L’objectif était avant tout de concurrencer la vigne pour gagner en qualité de raisin, mais aussi pour améliorer la portance et la matière organique du sol. A

ujourd’hui cette vision est plus "complète" : l’enherbement vise à entretenir la fertilité et la vie du sol. Il est d’ailleurs important de saisir qu’avec ces pratiques empruntées à l’agriculture de conservation c’est la vision agronomique elle-même qui change, puisqu’il s’agit de s’appuyer sur les processus ayant naturellement lieu dans la nature pour obtenir les résultats escomptés, et que la pratique des couverts végétaux elle-même est diverse : l’effet boostant des engrais verts, broyés assez tôt, est différent d’un couchage tardif visant davantage la production d’humus, donc la structure et la capacité de rétention d’un sol. Depuis 2008, nous avons opté pour un enherbement spontané couché au rolofaca (auto-construit) vers fin mai-début juin au plus tôt. Mais nous avions en quelque sorte touché les limites de ce système.

Dans certains endroits, l’enherbement naturel convient, dans d’autres en revanche, il est plus délicat à conduire à cause de la présence de graminées pérennes comme la fétuque rouge ou la fétuque ovine notamment, qui sont difficiles à coucher avec le rouleau et conduisent à une concurrence trop importante en été. Nous avons ainsi souhaité "orienter" nos couverts vers des annuelles précoces qui se couchent bien, c’est-à-dire avec des hautes pailles ou des grosses pailles, telles que le seigle, l’avoine ou l’orge, ou avec des légumineuses précoces comme le trèfle incarnat. », explique René Papin du Château Pierre Bise, domaine de 47 ha en Maine-et-Loire. Plus le couvert est fourni, plus il est facile à coucher. « L’objectif est de le coucher plus tôt, vers la mi-mai, deux bonnes semaines avant la floraison. »

 

Un semoir à deux trémies

Pour implanter ces couverts « choisis » au sein de l’enherbement naturel, le domaine a opté pour le semis direct et a investi en 2016 dans un semoir Aurensan, jugé robuste pour les terres à cailloux du secteur. « Ce semoir comporte deux trémies : une pour les petites graines comme le trèfle incarnat, une pour les grosses graines, comme les céréales ou les pois fourragers. La profondeur est réglable de 1 à 6 cm. Il est à disques, un point important pour éviter les bourrages en semant dans le paillage couché », estime le viticulteur.

« L’un des avantages du SD est de pouvoir implanter de nouvelles espèces sans nuire aux espèces présentes intéressantes. Dans certaines parcelles par exemple, nous avons de la luzerne d’Arabie, une légumineuse annuelle couvrante et très précoce qui nous convient bien. Le SD ne travaille pas le sol, on l’ouvre juste pour le semis. Avant de passer au SD, nous semions après les vendanges, avec un travail superficiel du sol à la herse et les résultats étaient mitigés. Dorénavant, avec le SD, nous pouvons semer sur une période plus large et plus adaptée, entre la fin-juillet et le début septembre. Juste avant le semis, une tonte est effectuée, pour éliminer les relevées au-dessus du paillage. »

Le semis 2016 a été effectué avec un mélange de trèfle incarnat, de pois fourrager, d’avoine, de seigle, et parfois un peu de vesce, sur l’ensemble du domaine, avec une densité égale sur toutes les parcelles. Les résultats ont été globalement bons. « J’espère pouvoir diminuer progressivement la dose de semis car je compte sur de l’auto-semis, mais l’avenir ou plutôt la pratique le dira. Le couvert se gère sur le long terme. En une année, même si on obtient tout de suite les espèces annuelles précoces introduites, on n’élimine pas complètement les espèces pérennes », estime-t-il.

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