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Vigne

Les nouveautés phyto et biocontrôle vigne pour 2020

Publié le 25/03/2020 - 09:00

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De nouveaux produits de protection des cultures sont annoncés en vigne pour les prochaines campagnes. Il s’agit, en grande majorité, de produits de biocontrôle.

Pour 2020, les viticulteurs pourront tester quelques nouveaux produits de biocontrôle. Belchim Crop Protection est en attente d’une extension d’usage de Vintec (souche SC1 de Trichoderma atroviride) contre le botrytis. De Sangosse lance un nouveau soufre liquide. Whisper a l’originalité d’être issu de la chimie verte contrairement aux autres spécialités de cette catégorie, qui proviennent de la filière du pétrole ou de mines volcaniques. Fruit du process de fabrication de biogaz en Allemagne, Whisper est formulé en France. Des déchets agricoles sont utilisés pour le produire. Au cours de la conception, du sulfure d’hydrogène (H2S) est généré. De ce gaz est extrait du soufre élémentaire. Formulé sous forme liquide, Whisper est dosé à 700  g/l. Il a l’avantage d’assurer une très bonne miscibilité dans la cuve de traitement et d’être facile à nettoyer.

Une solution pulvérisable contre « Lobesia »
M2i devrait proposer, pour cette campagne Pro Spray, un produit de confusion sexuelle pulvérisable contre Lobesia botrana. « Nous avons travaillé sur une formulation micro-encapsulée des phéromones sous forme d’une émulsion biodégradable d’eau et de cires naturelles, ce qui permet d’améliorer les durées de conservation et de diffusion, et de pouvoir l’appliquer en pulvérisation. L’idée avec cette formulation est de ne pas changer les habitudes des viticulteurs  : ils peuvent l’appliquer avec leur pulvé et leurs buses habituels à la dose de 1 l/ha à chaque génération de Lobesia. Le produit peut être mélangé à d’autres, y compris la bouillie bordelaise. Quatre ans d’essais ont montré une efficacité comparable à celle de la confusion sexuelle par le biais de la pose des diffuseurs. Le fait de pouvoir être pulvérisé confère une grande flexibilité : on ne l’applique qu’à l’apparition du papillon, s’il n’y a pas de pression, on ne fait pas de traitement. Cela permet de s’affranchir de la pose des diffuseurs, longue et nécessitant main-d’œuvre et organisation. Autre avantage par rapport aux solutions avec diffuseurs : l’efficacité est atteinte pour des îlots de 2 à 4 ha », explique Johann Fournil, de M2i.
Une solution mixte visant Lobesia et Cochylis est en préparation pour 2021-2022. « Nous travaillons également sur une solution pulvérisable de confusion sexuelle contre la cochenille farineuse ainsi que sur des diffuseurs de phéromones biodégradables contre Lobesia et Cochylis, par exemple pour des parcelles de petite taille ou difficilement mécanisables. »

Koppert a obtenu l’homologation fin 2019 de Noli, un fongicide de biocontrôle, autorisé en AB destiné à lutter contre le botrytis. Composé de levure Metschnikovia fructicola, il présente trois modes d’action : inhibition de la germination des spores, stimulation des défenses naturelles et compétition directe vis-à-vis du botrytis, à la fois pour l’espace et les nutriments. Il s’utilise en préventif, des stades BBCH 60 à 89. Koppert précise que l’application doit être effectuée de préférence en conditions humides, en fin d’après-midi, pour éviter l’exposition à la lumière.

De son côté, Bayer mise sur Sonata, fongicide de biocontrôle contre l’oïdium composé de Bacillus pumilus souche QST2808.

Identifier la présence d’oïdium un mois avant les symptômes

Sonata s’utilise en préventif à 5 l/ha en début ou en fin de saison selon la firme Bayer, qui a également lancé le kit diagnostic permettant d’identifier très précocement la présence d’oïdium. « Il est possible en recherchant la présence ADN de l’oïdium, d’identifier la maladie un mois avant l’apparition des symptômes. Un prélèvement de trente feuilles sur une parcelle, envoyé en laboratoire, donne une réponse sous 48  heures, explique Jean-Luc Dedieu, chef marché vigne de Bayer CropScience. Nous travaillons pour 2020 à une cartographie des vignobles basée sur cet outil, qui évaluera la progression de la maladie sur un territoire. Nous allons regarder combien de sites sont nécessaires, le profil des parcelles, etc. Si l’on veut évoluer vers le biocontrôle, il faut se doter d’outils de pilotage. »

Andermatt attend pour 2020-2021 une extension sur botrytis de son fongicide de biocontrôle Vitisan (hydrogénocarbonate de potassium), déjà autorisé contre l’oïdium.

Bioline AgroSciences a déployé à grande échelle en 2019 sa solution de biocontrôle Tricholine Vitis (trichogrammes), utilisée pour la lutte contre les tordeuses de la vigne (eudemis, cochylis et eulia). Elle mène des essais depuis deux ans pour évaluer l’efficacité de cette solution sur cryptoblabes.

Un lysat d’amibe contre le mildiou
La recherche est active et les « sources » de biocontrôle se diversifient  : bactéries, champignons, insectes, etc. La société Amoeba, par exemple, travaille sur une amibe dénommée Willaertia magna C2c Maky. Son utilisation – sous forme de lysat et donc non vivante – est testée en vigne contre le mildiou. Les expérimentations se poursuivent en vue d’un dépôt d’homologation et les résultats intermédiaires sont prometteurs selon l’entreprise lyonnaise, qui annonce une efficacité équivalente à la bouillie bordelaise en cas de pression faible à modérée de mildiou. « Une excellente complémentarité de notre substance active avec le cuivre à dose très réduite a été observée en conditions contrôlées “in planta”, association que nous ne manquerons pas de tester au champ en 2020 », déclare Fabrice Plasson, président-directeur général d’Amoeba.

Article paru dans Viti 450 de mars 2020

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