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La taille semi-minimale des vignes pour réduire l’IFT

Publié le 18/02/2019 - 12:45

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Six techniques de taille ont été comparées dans le Muscadet, afin d’étudier la réduction d’intrants phytosanitaires. La taille semi-minimale est ressortie comme une alternative possible à la réduction des coûts de production et des phyto, sans impacter le niveau de qualité et de rendement de la vigne.

Mettre en place la prophylaxie dès la taille de la vigne, pour favoriser l’aération de la zone fructifère, et, ainsi, utiliser moins de fongicides. Voilà l’objectif d’une étude lancée par la société Vita Consult en 2012, réalisée dans le cadre de Dephy Expé Écophyto, avec comme organisme pilote l’IFV Val de Loire, et comparant six techniques de taille sur une parcelle de melon-de-bourgogne dans le Muscadet, plantée en 1990, de 0,5 ha. « Un cépage sensible à la pourriture grise et au mildiou », a souligné Guillaume Gilet, de Vita Consult, lors du colloque Euroviti au Sival 2018.

En plus de la taille traditionnelle en Guyot nantais, selon deux variables (baguette sur le cep ou vers l’extérieur du cep), la parcelle test a été taillée en taille semi-minimale, cordon de Royat, gobelet et simple arcure. Le programme phytosanitaire a été identique sur l’ensemble des modes de taille. Si la modification de taille est possible même une fois la vigne établie, Guillaume Gilet conseille de « bien réfléchir en amont à la manière de procéder, surtout pour la taille semi-minimale, et y aller étape par étape, avec souvent trois années nécessaires pour changer de taille, afin de préserver le cep en respectant les flux de sève. Il est aussi toujours préférable d’envisager un nouveau type de taille dès la plantation ».

Bons résultats en taille semi-minimale

Les rendements moyens sur six ans (2012-2017) compris entre 50 et 70 hl, correspondent à de bons résultats pour les tailles semi-minimales (+ 10 % en moyenne sur 6 ans) et arcure (+ 20 %), et un peu plus faibles en cordons (- 20 %, mais dans un rendement d’appellation) en comparaison du Guyot. La taille en gobelet décroche (- 37 %), autour de 30 hl/ha, et n’est donc pas à retenir pour le Muscadet, indique le consultant, soulignant « des différences statistiques majeures pour la taille gobelet avec un rendement plus faible, et la taille arcure avec un rendement plus élevé ».

Sur le plan économique, l’intérêt se porte sur les tailles semi-minimales (608 euros/ha, pour la taille, le pliage et le palissage) et en cordon (1 218 euros/ha) plus rapides. Le coût est de 1 905 euros/ha pour les autres tailles (excepté gobelet : 1 218 euros/ha, mais rendements amputés).

Cela permet de se dégager du temps pour d’autres pratiques économes en intrants, comme la tonte, le travail du sol sous le rang, l’enherbement, l’effeuillage.

Résultats mitigés sur les maladies

Sur la réduction des traitements, la diminution des IFT a été progressive et corrélée à la pression parasitaire.

De 14,3 en 2012, l’IFT est passé en moyenne à 9,8, soit 32 % de réduction d’intrants, avec une part de produits de biocontrôle en hausse au cours des six ans, ainsi qu’un pilotage des traitements par Optidose.

Sur mildiou, aucune taille ne semble défavorable au bout de six ans. « Dans la meilleure configuration vigne/matériel de pulvé, la taille semi-minimale présente des attaques plus faibles, en raison de feuilles petites, plus nombreuses, et plus mobiles, laissant circuler davantage l’air et les produits de protection », observe Guillaume Gilet.

Sur botrytis, la taille semi-minimale ressort nettement, avec en moyenne sur les six ans deux fois moins de botrytis que la taille Guyot nantais de référence et les autres tailles. Le cordon de Royat n’a pas permis de diminuer la pression botrytis, et le gobelet a présenté des niveaux d’attaques élevés malgré de petits rendements.

15 % de mortalité par les Maladies du bois

Sur les maladies du bois enfin, le niveau de ceps morts et manquants était de 15 % en moyenne dans cette parcelle en 2012, puis une plus forte mortalité pour la taille de référence Guyot nantais (22 % en moyenne), contre 16 % pour la taille semi-minimale. 

La taille gobelet a perdu 24 % de ceps entre 2012 et 2017, et 19 % pour les systèmes cordon et arcure. « Le nombre de plaies de taille pourrait être une des explications de cette différence, a précisé Guillaume Gilet. Cet essai ne pourra d’ailleurs pas se poursuivre, en raison de la trop grande mortalité des ceps. » Si la transformation du mode de taille n’est pas envisageable en melon-de-bourgogne en maintenant les parcelles en appellation, cette approche semble transposable sur les vins avec et sans IG, pour alléger les coûts de main-d’œuvre dans des vignobles à faible valeur ajoutée.

 

Article paru dans Viti Leaders de Viti leaders 440 février 2019février 2019

 

 

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