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Vigne

La cave de Buzet teste la plantation en conservant l’enherbement en place

Publié le 09/03/2020 - 09:44

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La cave coopérative des Vignerons de Buzet a démarré en 2019 des essais de plantation de vignes en conservant l’enherbement en place. Seule la ligne de plantation a été travaillée par un fissurage du sol, puis par le semis localisé d’un couvert de féverole.

La cave des Vignerons de Buzet a démarré en 2019 le projet vignoble du futur. L’objectif est de tester plus de trente modalités de façon à répondre aux enjeux de demain : l’adaptation au changement climatique, la diminution du recours aux intrants, l’amélioration de la résilience, de la biodiversité du vignoble, etc.

Plus d’une trentaine de modalités sont testées dès la plantation sur le vignoble expérimental (17 ha) de la coopérative : cépages résistants, cépages méditerranéens plus adaptés au changement climatique, mais aussi cépages actuels avec différentes conduites des vignes.

Couvert de féverole

Parmi les modalités expérimentées figure une comparaison entre une plantation traditionnelle (préparation du sol avant plantation, amendement, chaulage) et une plantation en limitant le travail du sol.

« Une partie de la parcelle était une prairie avant plantation, et présentait une flore bien diversifiée. Nous trouvions dommage de la détruire alors que notre objectif final est de couvrir les sols. Nous avons donc décidé de tenter de planter les pieds de vigne en limitant au maximum le travail du sol, explique Carine Magot, responsable vignoble de la cave des Vignerons de Buzet. Dans un premier temps, nous avons effectué un travail de repérage par GPS de la parcelle de façon à pouvoir faire une ligne de fissuration dans le sol au niveau de la future ligne de plantation. Le sol a été travaillé (sur au maximum 10 cm de profondeur du sol superficiel) sur une bande d’environ 40 cm de large seulement, pour un écartement de 2,50 m entre les rangs. Le futur interrang est conservé en prairie, préservant ainsi tous les bénéfices sur la vie du sol et la protection vis-à-vis de l’érosion. Nous avons ensuite effectué un semis dense de féverole (équivalent à une densité de 90 à 100 kg/ha en plein) à l’automne 2018 sur la future ligne de plantation. Cette bande de couvert s’est très bien développée. Nous avons opté pour la féverole car c’est une légumineuse qui fait rapidement de la biomasse, et qui couvre vite le sol. Cette bande de couvert a ensuite été détruite juste avant la plantation en février 2019, par un passage de rotavator, de façon à la broyer et à l’incorporer superficiellement au sol.  » La plantation en cépage merlot, réalisée par un prestataire, s’est ensuite déroulée classiquement.

Le risque de gel est à prendre en compte

Agronomiquement, l’expérimentation a donné de très bons résultats, néanmoins tempérés par Carine Magot  : «  La technique est faisable et intéressante. Mais elle demande d’abord de bien faire un état des lieux de la parcelle et d’évaluer l’intérêt du précédent. Si la prairie avait été constituée de flore trop concurrentielle pour la vigne, comme du chiendent ou de l’agrostis, nous ne l’aurions pas conservée. Autre point important : le risque de gel est à prendre en compte. Nous ne sommes pas dans une zone particulièrement concernée, mais cela peut arriver. Ce fut notamment le cas en 2017 ainsi qu’en 2019. Nous avons subi un épisode de gel les 6 et 7 mai 2019 et nous avons constaté des dégâts de gel sur les vignes implantées sur prairie alors que celles plantées sur terre nue n’ont pas été touchées. Il n’y a pas eu de mortalité de pieds, tous sont repartis et aujourd’hui il n’y a aucune incidence ni différence visuelle entre les deux modalités, mais cela nous oblige à rester vigilants concernant ce risque. Avec le recul, il aurait été intéressant de rouler la prairie (hauteur 30 cm au moment des intempéries) pour limiter le risque de gel. Nous nous demandons si nous aurions eu des dégâts avec des plants en tiges hautes. Peut-être qu’avec quelques centimètres d’écart, le gel n’aurait pas eu d’incidence.  » La comparaison entre les deux modalités sera poursuivie dans les années à venir. «  Nous allons notamment regarder s’il y a des différences de développement des vignes au niveau du système racinaire et de la partie aérienne, et si le couvert en place a un effet concurrentiel sur les jeunes vignes.  »

Cette technique présente l’avantage de limiter la perturbation du sol (structure et fonctionnement), en localisant le travail du sol – et l’action de minéralisation – mais aussi de détruire le couvert précédent sur la ligne de plantation uniquement.

Orientation des rangs et agroforesterie
Dans le cadre du projet vignoble du futur de la cave des Vignerons de Buzet, plusieurs modalités de plantation sont expérimentées. «  Nous avons mis en place des essais sur l’orientation des rangs de vigne. Une partie des vignes est orientée nord-ouest/sud-est et une partie nord-est/sud-ouest pour étudier l’impact sur les températures observées au niveau des grappes, notamment dans le cadre de l’agroforesterie. Les vignes et les arbres sont plantés conjointement pour que chacun prenne sa place dans un écosystème stable. Tous les six rangs de vigne, une haie ou une ligne d’arbres sont prévues dans le but de procurer de l’ombrage à la vigne, de même qu’un point d’eau dans l’optique de diminuer les températures à proximité des vignes  », explique Carine Magot, de la cave coopérative.

 

Article paru dans Viti 449 dVITI 449 février 2020e février 2020

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