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Travail du sol

La bêche, votre meilleure amie pour débuter le binage du cavaillon

Publié le 02/07/2018 - 16:24

Les groupes Dephy, 30 000 et GIEE des chambres 37 et 41 organisaient du 20 au 22 juin des après-midi techniques sur la multiperformance de l’entretien des sols viticoles. Pour Matthieu Loos, conseiller agronomie à la chambre d'agriculture d'Indre-et-Loire, les viticulteurs s’intéressent encore trop peu à leur sol en profondeur :

En grandes cultures, les fosses faites au télescopique sont assez fréquentes pour observer les problèmes de tassement. En viticulture, il faut avoir recours à une minipelle, ce qui est moins facile. Mais même avec une fourche à bêcher, vous pouvez déjà observer certaines choses sur les premiers horizons : forme des racines, présence de vers de terre, etc. Un sol fertile est un sol qui produit des éléments nutritifs et qui les transfère, en lien avec les objectifs de production. Il est très important de voir si son sol permet de faire descendre les racines, et si l’eau peut s’infiltrer, signe qu’il n’y a pas de problèmes de tassement.

Pour mesurer la compaction, le conseiller recommande d’utiliser un couteau de cuisine assez souple, et de piquer les parois de la fosse pédologique pour enlever quelques mottes. Si la lame se tord, le sol est compact. Autre technique : prendre un motte entre ses doigts et appuyer pour voir si la motte s’éclate ou reste intègre, et évaluer ainsi la friabilité.

Maîtriser l'enherbement du cavaillon

Anne Alice Serru. Photo O.Lévêque/Pixel Image

Pour Anne-Alice Serru, conseillère viticole à la Chambre d’agriculture 37, le travail du sol sur le cavaillon permet de maîtriser l’enherbement. Objectif : limiter les risques de maladies accrus avec un enherbement trop développé sous la vigne, une concurrence azotée et une moindre pénétration de la bouillie dans le feuillage.

Si vous n’avez jamais travaillé mécaniquement vos cavaillons, votre meilleure amie, c’est la bêche ! En creusant au niveau du cavaillon, le but est de connaître la position des grosses racines de la vigne, pour passer l’outil de binage au-dessous des racines des adventices, mais au-dessus des grosses racines de la vigne. En effet, 80 % des réserves de la vignes sont dans ses racines, d’où l’importance de ne pas détruire ces grosses racines, car la vigne ne s’en remettrait pas.

Dans le cas présenté à Restigné (37), sur les vignes de Thierry Houx, les premières racines de vignes étant à 5 cm, le but est de créer une petite butte de terre sur le cavaillon, selon l’itinéraire classique du buttage-binage : un à deux passages de disques en conditions sèches après vendanges, puis reprise du cavaillon avant le débourrement pour éviter le risque de gel, avec un outil choisi en fonction de la hauteur du couvert et du type de sol. Ensuite, durant la saison végétative et pour éviter que l’herbe ne pousse dans les souches, deux à trois passages d’entretien sont conseillés, indique Anne-Alice Serru.

Autre possibilité : un décavaillonage avant le débourrement, en rotation une fois tous les trois ans, assez léger en préventif, pour diminuer la pression des vivaces, suivi d’un chaussage puis d’un binage durant la période estivale quand l’herbe a poussé sur la butte. Le décavaillonage peut aussi avoir lieu en curatif (à 15 cm), en période sèche estivale, avant la mise en réserve des vivaces, suivi d’un outil à dents quelques jours plus tard pour retirer les résidus hors de la parcelle.

Ci-dessous, un document "Quel outil passer", réalisé par l'ATV49, et fourni lors de la journée technique :

Impact économique

Sur l’aspect économique, la CA37 a mené des comparaisons en 2015 entre un itinéraire avec désherbage chimique, un binage du cavaillon décavailloneuse / lames + disques (7passages, 476 euros/ha), décavaillonneuse / lames/étoiles bineuses (6 passages, 391 euros/ha) et itinéraire chaussage léger / disques émotteurs+bineuse (7 passages, 212 euros/ha). Anne-Alice Serru précise :

Il y a peu d’impact sur l’EBE, car les passages d’entretien du cavaillon sont couplés avec des rognages. La charge phyto diminue également. Seule la baisse de rendements impacte l’EBE, en raison d’une forte pression mildiou, et du gel sur certains secteurs.

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