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Expérience en Champagne

Engrais verts et mulch pour un sol toujours couvert

Publié le 20/04/2021 - 10:39
Le roulage des couverts est effectué à l’aide de rouleaux écraseurs type Rolofaca ou avec un nouvel outil, l’Orbis, de la société Comin Industrie.

Jérôme Courgey est consultant viticole et président de l’association Arbre et Paysage en Champagne, créée en 2019, qui rassemble plus de 1 600 viticulteurs intéressés par les couverts végétaux et la vitiforesterie.

«Nous implantons des couverts à forte production de biomasse, correspondant à 30 à 35 t/ha de matière organique fraîche sur le rang », explique Jérôme Courgey, consultant viticole et président d’Arbre et paysage en Champagne. Le cycle de ce couvert est choisi à l’inverse de celui de la vigne : semis en octobre pour une destruction en mai. Le semis (140 kg/ha) comporte légumineuses et céréales, il est effectué sur 50 cm de large, pour des vignes à 1 m à 1,10 m. Le couvert atteint plus d’1,70 m de hauteur, jusqu’à 2 m.

Pour détruire ce couvert, il faut trouver des outils capables de ne pas le broyer. « Nous utilisons actuellement des rouleaux écraseurs appelés Rolofaca ainsi qu’un tout nouvel outil, l’Orbis, de la société Comin Industrie (gamme Roll’n’sem) », précise-t-il.

Le but est de coucher le couvert, de former un mulch de façon à ce que le sol soit toujours couvert.

Jérôme Courgey dans le couvert des vignes avant roulage (6 avril). photos : DR Le couvert roulé ne repart pas. « Pour cela, il faut bien choisir le moment du roulage en fonction des espèces présentes dans le couvert. Pour les légumineuses comme la féverole, le trèfle squarrosum et le trèfle nain blanc, le roulage est très efficace, quel que soit le moment. Pour les céréales (variété précoce de seigle à forte production de biomasse, triticale, avoine ou orge), il faut veiller à être au moment de la floraison (repérer la sortie des étamines au niveau des épis). La variété de seigle que nous utilisons produit des épis entre le 15 avril et le 7 mai. Semée en octobre, elle passe l’hiver puis redémarre très fort au printemps (30 cm par semaine au plus fort de la pousse). Si on roule trop tôt, certains épis peuvent remonter, et cela peut occasionner un effet rebond avec une grosse concurrence vis-à-vis de la vigne. C’est au moment de la floraison que la physiologie de la céréale change, la plante ne pousse plus, le rapport C/N évolue et devient plus ligneux. »

Des couverts à 1,60 m

Une fois roulées, les légumineuses se minéralisent très vite, en trois semaines. Les céréales au C/N plus élevé vont être décomposées plus lentement : au 15 juillet (voire jusqu’au prochain semis de septembre), il reste encore de la paille dans les rangs, suffisamment pour contenir les adventices.

« Nous n’avons pas noté de dégâts de gel. Mais nos couverts sont très hauts (1,60 m) ; nous avons ainsi un point de rosée qui sort de la zone gélive des bourgeons de la vigne. Mais si le couvert venait une année à ne pas se développer correctement, ce serait plus risqué, il faudrait dans ce cas envisager la destruction différemment », analyse-t-il.

Couvert après roulage (26 mai). « Nous essayons cette année de faire un semis de printemps de façon à avoir un sol couvert toute l’année par des plantes vivantes et poussantes. Le mélange prévu est composé de fenugrec, de plantain lancéolé, de roquette, de trèfle blanc nain et d’orge d’hiver. Résultats dans les prochains mois ! » conclut Jérôme Courgey.

Article paru dans Viti 460 d'avril 2021

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