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ETA Alatache

"En coteaux, le travail assisté par treuil est la seule alternative aux désherbants"

Publié le 01/10/2018 - 16:12

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Spécialisée dans le travail du sol par treuil, l’entreprise Alatache opère dans les pentes de la vallée du Rhône septentrionale. Un travail pénible qui nécessite du matériel robuste et des hommes endurants.

Depuis la création de l’entreprise il y a 18 ans, Alatache est spécialisée sur le travail en coteaux. « Dans les vignobles de Tain et de Crozes-Hermitage, les domaines viticoles qui valorisent bien leur production sont de plus en plus nombreux à arrêter le désherbage chimique. Pour des vignes plantées sur des terrains en pente à 30-40 %, avec une densité pouvant atteindre 10 000 pieds/ha, ni les chenillards ni les chevaux ne peuvent tirer les outils pour faire un désherbage mécanique. Le guidage des outils avec l’assistance d’un treuil est la seule solution », insiste Fabien Bergeron, ancien associé de l’entreprise, aujourd’hui installé en tant que vigneron.

Trois hommes pour un treuil

Il y a encore quelques années, rares étaient les domaines qui maintenaient cette veille technique. Désormais grâce à du matériel fabriqué et importé de Suisse, elle revient. En pratique, pour faire du bon travail, trois hommes sont nécessaires : un pour faire contrepoids sur le moteur thermique de 80 kg qui entraîne le treuil, un qui guide l’outil dans les rangs, un qui passe derrière avec une pioche. « C’est un travail très physique et assez dangereux : le treuil n’est pas fixé à un point fixe et solide. Ce sont seulement le poids du moteur, celui de l’homme assis dessus et des amarres plantées dans le sol qui permettent de s’opposer aux forces de traction exercées par le treuil sur la charrue », insiste Gamal Menacer, actuel cogérant d’Alatache.

Parfois, le sol est trop dur ou la place manque en bout de rang pour pouvoir faire entrer les amarres totalement dans le sol. Dans ces cas-là, la vigilance de l’opérateur qui surveille le déroulement et l’enroulement du câble doit redoubler et il doit débrayer très rapidement dès qu’il sent le moindre danger sous peine de basculer avec l’engin dans la pente. « Sur les 50 personnes qui travaillent en haute saison dans l’entreprise, seuls les plus endurants peuvent assurer cette tâche. C’est un travail à 5 000 calories par jour ! Dans l’équipe, les postes tournent. Impossible d’être une journée complète à monter et descendre les rangs », résume Fabien Bergeron.

Deux à trois passages par an

Il faut 80 à 100 heures de travail pour un travail du sol sur un hectare. « En fonction de l’état du sol et du salissement, nous passons l’outil une, deux ou trois fois dans le même rang. Et en général, nous faisons deux à trois passages par parcelle sur la saison, en fonction de la climatologie : pendant l’hiver, nous effectuons quelques buttages/débuttages qui facilitent ensuite le travail pendant l’année, mais cette pratique est marginale, car elle favorise aussi l’érosion sur nos sols en pente. Le travail le plus courant est le griffage des sols, avec une charrue équipée de griffes à l’avant et de pattes d’oies à l’arrière », indique Gamal Menacer.

Le coût moyen de la prestation de l’entreprise Alatache est de 25 euros/heure soit environ 2 000 € HT/ha pour un passage d’entretien du sol dans les vignes en terrasses et en pente du nord rhodanien.
 

 

Article paru dans Viti Leaders de septembre 2018 

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