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Viticulture biologique

Compostage: et si on valorisait l'existant ?

Publié le 22/09/2015 - 09:27

Les exploitations viticoles produisent des quantités importantes de sous-produits (2 à 3 tonnes de sarments par hectare, 12 à 18 kg de marcs par hl de vin) et des effluents vinicoles (de 50 à 500 litres par hl de vin produit). Alors, en matière de fertilisation en viticulture biologique, pourquoi ne pas valoriser l’existant en privilégiant l’utilisation et ou la fabrication de compost à partir de matières organiques (sarments, déchets d’entretien des haies et des abords, tontes...) et d’effluents vinicoles ? Malgré quelques contraintes, le compostage est un procédé intéressant pour le traitement et la valorisation des déchets.

Parmi les intérêts, on peut citer :

  • un amendement organique d'origine connue, homogène, désodorisé et sain;
  • une matière organique adaptée à la filière viticole (faible valeur fertilisante azotée, fort potentiel en précurseurs d'humus);
  • destruction des germes de maladies du bois après 4 à 5 mois de compostage;
  • traitement et valorisation autonomes des effluents, sans génération de boues en fin de chaîne comme dans les filières classiques;
  • possibilité de composter par la même occasion d'autres déchets organiques produits sur l'exploitation (tontes, marcs, rafles...);
  • valorisation possible des effluents phytosanitaires.

En contraintes :

  • le ramassage et la centralisation des bois de taille;
  • la nécessité d'une plateforme de compostage;
  • s'équiper d'un matériel adapté pour le retournement, l’arrosage et l’épandage.

Mais qu'est-ce que le compostage en agriculture biologique ?

Le processus de compostage est une décomposition aérobie de matières organiques d’origine végétale et/ou animale hors matières relevant des déchets animaux au sens de l’arrêté du 30 décembre 1991. L’opération de compostage vise à transformer la matière organique en humus et en composés pré-humiques. Elle est caractérisée par:

  • une élévation de température;
  • une réduction de volume;
  • une modification de la composition chimique et biochimique (les matières organiques deviennent stables, cette dernière augmente avec la maturation du compost);
  • un assainissement au niveau des pathogènes, des graines d’adventices et de certains résidus;
  • l’absence d’odeurs désagréables.

Cinq paramètres utiles

Pour réussir son compost, il faut comprendre 5 paramètres importants:

  1. La température : elle traduit l’activité microbienne du tas de compost, il n’est pas utile de dépasser 70°C. La production de chaleur est liée à la masse du tas alors que les pertes dépendent de la surface.
  2. L’humidité : elle varie suivant les matériaux de départ, le manque ou l’excès est préjudiciable au compost.
  3. L’aération : elle est essentielle car c’est elle qui fournit l’oxygène (fermentation aérobie). Ce sont les matières carbonées qui amènent la structure (paille…). Une mauvaise aération augmente les pertes (N, S) et conduit à un résultat opposé (fermentation anaérobie).
  4. Le pH : il varie au cours du compostage. Il oriente les réactions biochimiques en favorisant certaines espèces de micro-organismes.
  5. Le rapport C/N : l’idéal se situe entre 20 à 35. Un manque d’azote entraîne un compostage lent, un manque de carbone entraîne des pertes en azote.

Ce schéma illustre bien l'influence des quatre éléments - eau, air, carbone et azote - sur la qualité du compost.

Pour des conseils pratiques pour réaliser le compost, consultez le document complet sur le compost.

Pour aller plus loin, lire la synthèse des essais menés par la chambre d'agriculture de la Gironde sur l'intérêt du compostage en viticulture.

Retrouvez aussi dans Viti n°410 d'octobre 2015 qui paraît fin septembre, un article sur la fertilisation en viticulture biologique, réalisé en partenariat avec Agrobio Périgord.
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