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Maxence Panchau, Pic-Saint-Loup

Du financement participatif sur le foncier

Publié le 03/01/2022 - 10:59

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Grâce à la création d’un groupement foncier viticole (GFV) pour acquérir 6 ha de vignes sous la houlette de Terra Hominis, le jeune vigneron Maxence Panchau a pu s’installer en 2018 sur l’appellation pic-saint-loup. S’il doit entretenir son réseau de 230 actionnaires, le jeune vigneron se félicite de cette démarche qui lui apporte de nombreux retours.

« C’est le joli hasard des rencontres qui m’a fait découvrir Terra Hominis », reconnaît Maxence Panchau, vigneron sur l’appellation pic-saint-loup, au domaine Caussarelle. C’est en 2018, au moment de son installation, que le jeune homme de 31 ans se penche sur l’investissement participatif. « J’étais dans l’écriture de mon prévisionnel, et l’acquisition de foncier semblait très lourde économiquement », explique le fils et petit-fils de vigneron de Vacquières (Hérault). Les banques ne le suivant pas pour acheter les parcelles convoitées, il opte pour un schéma original, pensé par Terra Hominis : la création d’un GFV (groupement foncier viticole). À la manière d’une SCI mais dédiée à la vigne, plusieurs « co-investisseurs » achètent des parts (1 500 euros chacune) pour détenir 6 ha, mis en fermage auprès du vigneron.

« Nous avions prévu deux étapes : une première phase avec un GFV de 116 actionnaires pour acheter 3 ha, puis une 2e phase d’investissement si tout allait bien avec un 2e GFV(1) pour les 3 ha supplémentaires », détaille Maxence Panchau. Chaque année, le vigneron rémunère en vin les parts détenues par ses 230 propriétaires, à hauteur de 5 bouteilles par personne et par an. Au-delà de l’organisation d’une AG annuelle obligatoire, proposée à l’ensemble des copropriétaires, Maxence Panchau organise entre deux et trois événements par an pour réunir ses « complices » comme il les appelle : vendanges à l’automne, taille et assemblage des vins en hiver, etc. « Ces événements peuvent accueillir 80 à 120 personnes, notamment pour l’AG, c’est donc toujours un peu de logistique ! Mais c’est aussi l’occasion de faire de belles ventes, où chacun repart souvent avec quelques cartons, et de créer de belles amitiés », met-il en avant.

Un réseau d’ambassadeurs

Pour le vigneron, les avantages de ce fonctionnement sont donc multiples. « Lorsque vous vous installez, vous partez avec un réseau d’ambassadeurs, prêts à vous acheter du vin et à vous faire connaître ! Quand vous avez des coups durs, surtout liés à la météo, vos associés sont aussi présents, et peuvent donner un coup de main. Le bénéfice va bien au-delà de l’intérêt financier. »

Chaque mois, un mail d’actualités du domaine est envoyé aux actionnaires. « Si le mail est générique, vous avez de multiples retours avec des questions, et je m’engage à y répondre individuellement ! Tout ce travail d’accueil, d’information des associés, d’entretien du lien demande du temps et de l’énergie, et il faut parfois se contraindre à le faire, mais les retours sont très positifs, notamment dans les ventes de vin. Et personnellement, je préfère passer du temps en lien avec mes associés que de faire les tournées commerciales auprès des cavistes ! »

Création de Vina Hominis

Début 2021, les vignerons partenaires de Terra Hominis ont créé l’association Vina Hominis pour faire la promotion de leurs vins, par le biais d'une agence commerciale. « Cette démarche a du sens, une vraie philosophie notamment autour de vins respectueux de l’environnement, où nous sommes quasi tous en bio », insiste Maxence Panchau.

Si le vigneron a récemment repris 18 ha de vignes gérées jusque-là par son père, il n’est cette fois-ci pas passé par Terra Hominis. « C’est un vignoble familial, alors il n’y avait pas lieu d’ouvrir l’acquisition en GFV. » Pour autant, il ne peut que conseiller aux nouveaux installés de se pencher sur la solution Terra Hominis. « Ils s’occupent du montage de dossier, et se rémunèrent sur l’acquisition des parts par les actionnaires. En tant que vigneron, vous ne payez rien. Ensuite, la société Terra Hominis n’interfère plus entre le vigneron et ses propriétaires, même si le lien et le travail en réseau restent forts ! », termine Maxence Panchau.

(1) L’AMF interdit d’avoir plus de 150 associés par projet.

Article paru dans Viti Les Enjeux de décembre 2021

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