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SIA 2020

Taxes Trump : 100 000 emplois en péril d’après les organisations professionnelles

Publié le 26/02/2020 - 09:28
Bernard Farges, président de la Cnaoc, Jean-Marie Barillère, président du Cniv, et Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer, le 24 février au SIA. Photo O.Lévêque/Pixel6TM

Avec des complications sur ses trois principaux marchés export, la filière viticole française avait un peu la gueule de bois lors de la conférence de presse au SIA lundi matin. Brexit interminable au Royaume-Uni, épidémie du coronavirus en Chine et surtout conflit commercial avec les états-Unis et leurs taxes de 25 % ad valorem depuis octobre, entraînant un recul de 17,5 % des exportations outre atlantique de vins tranquilles français sur le dernier trimestre 2019.

Nous sommes des victimes collatérales dans cette histoire ! a souligné Jean-Marie Barillère, président du CNIV. La perte de chiffre d’affaires sur nos exportations américaines de vin tranquille est évaluée à 300 millions d’euros sur l’année 2020, a minima, si l’on met en relation les 25 % de taxes et les 1,2 milliard d’euros de notre filière à l’export aux US. Ce sont, à terme, 100 000 emplois qui pourraient être menacés si l’état ne fait rien pour résoudre le problème !

Pour Bernard Farges, président de la Cnaoc : « Il y a deux coupables dans cette histoire, l’État français et Airbus, et une victime, notre filière. Toutes les régions viticoles françaises sont touchées. Sur les complications d’export avec la Chine et Hong Kong, l’État n’a pas la main, mais sur les taxes US l’État est coupable. Mois après mois, les chiffres d’affaires baissent sur cette destination, sans oublier que notre marché interne se rétréci. Les importateurs américains risquent de trouver d’autres provenances, et il sera compliqué de se refaire une place aux US. Si les chais ne se vident pas, la conséquence sera grave à l’approche des prochaines vendanges ! »

Visite de Macron : pas les réponses attendues

Lors de la visite du président Emmanuel Macron samedi dernier au SIA, la filière viticole dit ne pas avoir eu les réponses qu’elle attendait sur le sujet. Reconnaissant que le président a une « connaissance parfaite de la situation, à l’inverse de certains de ses conseillers », Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer a demandé « une réaction immédiate et appropriée. L’accord qui pourrait être obtenu en mai ou en juin n’est pas adapté à l’urgence. La baisse en valeur des exportations de vin tranquille aux US était de 30 % en octobre, 40 % en novembre et 50 % en décembre alors que les USA sont notre premier marché export devant la Chine ! »

Les responsables professionnels ont ainsi demandé aux pouvoirs publics français de négocier une fin immédiate de ces droits de douane et la création d’un fonds de compensation d’urgence de 300 millions d’euros autorisé par la Commission européenne pour contrer les effets de cette mesure.

Glyphosate et ZNT

« Avec des entreprises aux situations économiques compliquées, il sera difficile de financer la transition environnementale pourtant nécessaire », a continué Jean-Marie Barillère. « Sur le glyphosate, le chef de l’État a insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas d’interdiction sans solution », s’est félicité Jérôme Despey. Autre point de satisfaction : le président Macron a promis qu’aucune sanction financière ne tomberait en 2020 au sujet des ZNT riverains. Les contrôles ne devraient ainsi avoir qu’une visée pédagogique. Malgré tout, la filière reste sur ses gardes et en attente du déploiement des chartes riverains et des équivalences pour la réduction des distances avec du matériel performant.

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