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Présidentielle

Les propositions des candidats: focus sur l'agriculture

Publié le 23/03/2017 - 14:24
Les propositions de 4 candidats à la présidentielle sur les questions agricoles

Le SNPAR, Syndicat de la presse agricole et rurale avait convié le 16 mars dernier, les représentants agricoles de 4 des 11 candidats déclarés à la présidentielle de 2017, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Benoît Hamon.

Chacun avait pour mission de préciser le programme agricole du candidat qu’il/elle représente et ensuite de répondre aux questions des journalistes.
 

Emmanuel Macron : "Un plan marshal pour l’agriculture"

Emmanuel Macron du mouvement En Marche était représenté par Audrey Bourolleau et Olivier Allain, respectivement dirigeante de Vin et Société et éleveur de vaches allaitantes en Bretagne.

Le candidat d’En Marche propose un plan d’investissement de 5 milliards d’euros sur cinq ans afin d’accompagner la modernisation de l’agriculture. Cet investissement sera focalisé sur la diminution du coût du travail (transformation du CICE en allégement de charges).
Parmi ces investissements, 200 millions d’euros par an seront consacrés aux "paiements pour service environnementaux" qui s’ajouteront aux mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC).
Autre mesure budgétaire, la facilitation de l’accès au foncier par les jeunes agriculteurs, en plus de la DJA, l’état s’engagera dans un prêt donneur de 50 000 euros sans garantie avec un différé de deux ans.

Le candidat plaide aussi pour un Grenelle de l’alimentation afin de garantir une meilleure répartition de la valeur entre agriculteurs, transformateurs et grande distribution.

S’agissant de l’Europe, les représentants ont insisté : "l’Europe a besoin d’un nouveau souffle, l’Europe doit protéger et tendre vers la convergence sociale et fiscale."
Dans le programme, le budget de la PAC est maintenu et complété par des dispositifs de régulations adaptés à chaque filière afin de lutter contre la volatilité des prix.

Autre mesure, le droit au chômage pour les agriculteurs "sans point de cotisation supplémentaire" ont précisé les deux protagonistes.
 

Marine Le Pen : "Aider les hommes, pas les hectares"

Du côté de Marine Le Pen, c’est Gilles Lebreton, député européen qui s’est prêté à l’exercice. Le programme de la candidate du Front National se décline en trois points, le patriotisme alimentaire, l’encadrement de la distribution et la politique agricole française afin "de mettre fin à une PAC trop productiviste", a commenté l’élu.

Le patriotisme alimentaire consiste à prioriser les productions françaises dans les appels d’offres des collectivités et des entreprises, et de pénaliser les pays qui font du dumping social. Par ailleurs, le programme politique prévoit une remise en cause des accords de libre-échange jugés "débridés et fous" tout en rétablissant certaines relations commerciales, notamment avec la Russie. Par ailleurs le représentant a insisté sur le fait qu’il faille un état fort qui puisse encadrer les marges des distributeurs et interdire les ventes à perte.

Dans un troisième temps, concernant la renationalisation de la PAC, il s’agit pour l’édile "de maintenir le niveau d’aide aux agriculteurs français (9 milliards) voir de les accroître et de mieux les distribuer en fonction des filières et des besoins ressenties." "Il faut aider les hommes, pas les hectares", a insisté le représentant.

Concernant une éventuelle sortie de l’UE, Gilles Lebreton a détaillé les modalités : "On ne veut pas d’un Frexit direct, on se donnera six mois de négociations pour voir si nos partenaires sont prêts à revenir une Europe de nations, si nous ne parvenons pas à un consensus nous engagerons cette sortie."
 

Benoît Hamon : "Sortir de l’OMC, exception agriculturelle"

Le député européen, plus connu des médias, Éric Andrieu assurait lui la défense du programme de Benoît Hamon pour le Parti socialiste.
Le programme agricole se décline autour de trois chapitres :

  1. développer une politique nutritionnelle alimentaire respectueuse de la santé humaine ;
  2. la transition agroécologique pour répondre aux défis environnementaux et climatiques ;
  3. mettre l’agriculture au service de l’économie des territoires en prenant en compte la diversité des modèles.

Parmi les principales propositions, on notera des soutiens majorés à l’installation pour favoriser les projets en AB et agroécologie ; exiger dans les cinq ans 50 % de bio dans la restauration collective des organismes publics ou conventionnés et la création des APA (aides personnalisés à l’alimentation, sous la forme de bons d’achat pour les populations à faible revenu) et l’instauration d’une TVA à taux réduit sur les produits bio.

Un point important du programme socialiste "la sanctuarisation du principe de précaution". Mais Éric Andrieu insiste "il ne s’agit pas d’être dans le dogmatisme et d'interpréter le principe de précaution comme une incapacité à agir. Il faudra avancer avec les sujets au fur et à mesure que la recherche apporte des éléments."

Du côté des échanges internationaux, le programme de Benoît Hamon prévoit de refuser les accords de libre-échange tels qu’ils sont négociés actuellement. Enfin s’agissant de la PAC, le message est clair : "Il faut revendiquer des enveloppes plus conséquentes, tous les autres grands pays agricoles ont des véritables politiques publiques de soutien car c’est un enjeu de société. L’Europe doit faire plus", a commenté Éric Andrieu.


François Fillon : "Reconstituer une diplomatie agricole"

Enfin pour fermer la marche des débats, Michel Dantin, député européen, représentait François Fillon pour le parti Les Républicains.

Pour la droite, l’agriculture est aussi un sujet important : "L’agriculture française est une puissance importante, elle a tout pour réussir, il faut lui redonner son pouvoir", a introduit l’élu.
Le programme se décline en quatre points, la liberté d’entreprendre et d’innover, l’équité des règles commerciales, la compétitivité et une politique agricole simple ambitieuse et réactive. Pour y parvenir, Michel Dantin a insisté sur le point suivant : "Dès les premières semaines de la présidence, le cadre juridique serait modifié pour éviter la transposition des réglementations françaises sur les directives européennes.
"Contrairement à son concurrent socialiste, le principe de précaution serait supprimé car il est devenu un frein au progrès et à la recherche."

Concernant la prochaine PAC "qui sera préparée à l’occasion du prochain mandat présidentiel", rappelle Michel Dantin, elle devra assurer une meilleure compétitivité et sécurité. "Considérant qu’un agriculteur américain reçoit environ 486 dollars/ha contre 198 dollars/ha pour un agriculteur français, il faut arrêter de considérer que les agriculteurs européens sont plus aidés", martèle Michel Dantin. Le député a aussi insisté sur le fait que le ministre de l’Agriculture doit être proactif et à la manœuvre sur la scène européenne. "Il faut reconstituer la diplomatie agricole et que la France soit moteur", a-t-il conclu.

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