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cuivre, étiquetage...

Le commissaire européen à la Santé à l'écoute des inquiétudes des vignerons

Publié le 06/09/2018 - 11:44
Thierry Coste, Vytenis Andriukaitis et Thomas Montagne se sont rencontrés en Franc durant les vendanges

Début septembre, Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen à la Santé, est venu à la rencontre des professionnels de la production viticole française. Le but de cette visite, co-organisée par les Vignerons Coopérateurs et les Vignerons Indépendants, était de sensibiliser le Commissaire sur les contraintes de la production en matière d’étiquetage nutritionnel et des ingrédients.

"La production est volontaire pour avancer sur ce dossier mais il faut trouver un compromis équilibré entre les contraintes actuelles auxquelles sont soumis les professionnels et les attentes des consommateurs. La proposition délivrée en mars dernier va dans ce sens et nous avons été contents de pouvoir l’expliquer sur le terrain au Commissaire européen", détaille Thomas Montagne, président des Vignerons Indépendants de France et de la CEVI.

Mildiou, cuivre et réhomologation

Ce déplacement dans le vignoble a aussi été l’occasion pour les représentants de la viticulture de communiquer leurs inquiétudes à propos de la réhomologation du cuivre. "Avec une année comme 2018, dans certaines régions, il est impossible de gérer la pression mildiou avec 4 kg de cuivre métal par hectare, défend Thomas Montagne. D’après l’observatoire des pratiques tenu par les Vignerons Indépendants de France, au 31 juillet, les vignerons certifiés AB avaient déjà utilisé 3,8 kg/ha au 31 juillet, et prévoyaient d’en utiliser en moyenne 4,1 kg/ha. Cette moyenne nationale cache des disparités. Par exemple, les vignobles du Nord vont utiliser cette année en moyenne 3,4 kg/ha, alors que les vignobles du Sud de la France monteront à 4,5 kg/ha. Au niveau des exploitations, 20 % d’entre elles dépasseront les 6 kg/ha cette année !"

Le Sud de l’Europe aussi touché en 2018

"Dans le Sud de l’Europe, le constat est identique. Sur une année à forte pression mildiou, il n’est pas possible de se contenter de 4 kg/ha/an sans lissage. Au Portugal, sur la façade Atlantique, on parle de 7 kg/ha utilisés en moyenne en 2018. En Espagne, où le gouvernement a baissé le seuil d’utilisation du cuivre en agriculture biologique, passant de 6 kg/ha/an comme prévu par la réglementation européenne, à 5 kg/ha/an, des vignerons sont dans l’impasse. Par exemple, dans la région du Penédes, la quantité de cuivre utilisée jusqu’au 10 juillet 2018 était déjà de 5 kg/ha, avec une prévision à 6,5 kg/ha avant la fin de la campagne."

Maintenir le lissage

Les Vignerons Indépendants de France demandent donc "de maintenir un dosage du cuivre approprié avec la réalité et les besoins du terrain à 6kg/ha/an, et surtout, la réintroduction du principe de lissage sur la base de 5 ans, afin de permettre aux producteurs d’adapter les quantités de cuivre appliquées en fonction de la pression mildiou."

"Les vignerons continuent leurs efforts pour diminuer des doses de cuivre mais la réglementation ne doit pas dissuader des vignerons de pratiquer l’Agriculture biologique, estime Thomas Montagne. C’est le message que nous avons tous fait passé au Commissaire européen à la Santé. Et les représentants de la production font tout leur possible pour convaincre la France, en tant qu’État membre, de porter ce message au niveau européen."

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