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Covid-19

Le bel élan généreux de la filière vitivinicole

Publié le 14/04/2020 - 09:00

Depuis le début de la crise du Covid-19, les acteurs de la filière vitivinicole participent largement à l’entraide et aux appels à l’aide des services de santé pour fournir des gants, des masques et du gel hydroalcoolique ainsi que d’autres produits tout aussi utiles. Voici quelques exemples.

À l’heure où l’État cherche  à réquisitionner des masques, certaines entreprises réalisent des dons et contribuent à leur hauteur à aider le personnel actif durant cette pandémie. Pour certaines d’entre elles, le matériel était déjà en stock. Ainsi, selon le site ObjectifGard, les producteurs de la Maison Sinnae ont remis une quarantaine de kits de protection neufs au centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Chaque kit comprend une combinaison, une paire de lunettes, des gants et un masque (qui ne sera pas utilisé par les soignants puisque non conforme). Les deux vice-présidents, Grégory Brunel et Jocelyn Sigaud, ont mis en place des points de collecte afin que les adhérents puissent déposer leurs dons.

Les vignerons de Tutiac, en Haute Gironde, ont fait don aussi de 300 surblouses et de 500 masques antipoussières à l’hôpital de Blaye, a rapporté le quotidien Sud-Ouest.

Les Wineries du Rhône ont lancé un appel, le 18 mars, à leurs adhérents pour donner des masques. Ce message a été relayé par Inter Rhône qui l’a étendu à l’ensemble des adhérents de l’interprofession des vins de la vallée du Rhône. C’est ainsi que Vignobles et Compagnie, à Castillon-du-Gard, a fourni 130 masques (qui datent de l’épidémie H1N1) à la maison médicale d’Avignon et une trentaine à la pharmacie du village de Remoulins.

D’autres régions ont suivi. Terre de Vins signale que les vignerons de Sauternes et Barsac ont diffusé sur les réseaux sociaux l’appel de l’agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine pour collecter des stocks de combinaisons à usage unique et de masques chirurgicaux (type 2R) ou FFP2, même périmés. Les masques sont déposés à la pharmacie de Sauternes.

En Champagne, la Maison Veuve Clicquot a remis 5 000 masques à l’hôpital Maison Blanche de Reims et envisage de donner 350 paires de lunettes de protection.
D’autres maisons champenoises suivent cet élan solidaire, à l’instar de Piper & Charles Heidsieck qui s’est engagée à faire un don de 3 000 masques chirurgicaux auprès du CHU de Reims.

Les constructeurs aident aussi. Le groupe Hardi France a livré 16 000 masques chirurgicaux aux professionnels de santé de l’agglomération de Beaurainville et du Montreuillois, dans le Pas-de-Calais, ainsi que des blouses de protection.

Les dons prennent aussi d’autres formes. Selon Terre de Vins, le négoce LSDA Vins de France a décidé de reverser 1 euro à l’Institut Pasteur pour chaque bouteille “Le Secret des Amants” vendue,  afin de soutenir financièrement les recherches sur le Covid-19.

Et puis, il y a aussi des entreprises qui font don de matières premières. De nombreux distillateurs ont répondu aux divers appels des professions médicales. Pernod-Ricard a donné 70 000 litres d'alcool pur au laboratoire Cooper, lui permettant de produire 80 000 litres de solution hydroalcoolique – soit environ 1,8 million de flacons individuels de 50 ml de gel.

Le 25 mars dernier, le préfet de l’Eure a salué et remercié les entreprises, les collectivités et les services de l’État qui s’engagent au profit des services de santé par le don de masques ou de solution hydroalcoolique. La préfecture cite ainsi Syngenta. En Suisse, l’entreprise s’est associée au chimiste Huntsman pour fournir 50 tonnes de désinfectant aux hôpitaux, aux pharmacies et au centre hospitalier de Lausanne.
L’AFP rapporte que des distilleries du Doubs et de Haute-Saône (Armand Guy, de Pontarlier, et la distillerie de Fougerolles-Saint-Valbert) ont cédé 3 500 litres de leurs stocks d'alcool à prix coûtant sans compter leur don. La distillerie Peureux, qui emploie 80 personnes, va fabriquer elle-même des solutions hydroalcooliques en leur dédiant son atelier principal de production. Ainsi, 10 000 à 15 000 litres par semaine, dans un premier temps, seront destinés au centre hospitalier de Vesoul, aux pharmacies locales et au personnel soignant de proximité. En Alsace aussi, les distillateurs généreux ont livré 3 000 litres d’éthanol aux urgences de Colmar et aux pharmacies dans le besoin. D’autres distilleries sont citées : Paul Devoille, la Maison Ferrari à Marseille, l’Alambic Bourguignon à Beaune, la Distillerie du Sonneur au Mans, la Bordeaux Distilling Company…

Les vignobles Arbeau, en terroir de Fronton, dans le Sud-Ouest, ont produit à partir de marc de raisin plus de 6 000 litres d’alcool vendus aux pharmacies locales.

Le Club des Marques, société de négoce en Armagnac, a fait don de 60 litres d’alcool à 96° aux pharmacies gersoises de Nogaro et de Manciet.

Les distilleries de Matha, de La Compagnie de Guyenne, à Cognac (16), qui produit notamment les cognacs Meukow, ont mis en bouteille 4 à 5 000 litres de solution en flacons de 50 cl., en partenariat avec un laboratoire d’analyses rochelais pour une distribution en Charente et en Charente-Maritime auprès des médecins, des Ehpad, des infirmières, des aides-soignants…

Les fournisseurs s’investissent également. Ils vont jusqu’à mutualiser leurs savoir-faire pour fournir d’autres matières premières ou, carrément, pour proposer des produits nouveaux. C’est ainsi que des chimistes tels que BASF fournissent des composants comme de la poudre de polyuréthane thermoplastique (TPU) pour fabriquer des visières 3D.

Occion, fabricant d’appareils de mesures connectés, a miniaturisé l’un de ses capteurs industriels pour la surveillance des machines, afin de le rendre opérationnel pour la prise de température. Frédéric Mauriès, développeur en électronique et automatisme, précise pour Viti : 

 

Ce capteur, permettrait de faire des relevés de température du corps humain à très grande distance. Des examens complémentaires ne seraient alors effectués que si la fièvre se déclenche. 

Un dossier a été déposé par Occion auprès de l’État et de la région Occitanie. Par ailleurs, avec ses associés d’Usitech, société de mécanique de précision pour machines-outils, Frédéric Mauriès a participé à la fabrication de protection Plexiglas pour les comptoirs, en partenariat avec la société Also de Toulouse.

Quant à Vivelys, spécialiste en œnologie, il a répondu à la demande de dons de la région Occitanie. Benjamin Boissier, directeur de recherche et développement chez Vivelys, déclare à Viti : 

Nous proposons 10 000 tubes à essai en vue de réaliser des tests Covid-19, ainsi que deux analyseurs, les machines servant à effectuer normalement des tests PCR. Ce matériel n’est pas utilisé pour l’instant puisque nous avons été contraints de fermer.
Il permet habituellement de détecter la présence de contaminants comme les levures susceptibles de détériorer la qualité du vin. 

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