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Vins de bordeaux

La conférence de rentrée du CIVB en 8 faits !

Publié le 16/10/2014 - 16:26

Mardi 14 octobre 2014 avait lieu la conférence de rentrée du CIVB. Suite aux déclarations de Bernard Farges, président du CIVB, mon-viti vous fait un petit topo en huit faits importants!

1) Une commercialisation en baisse

Les chiffres de commercialisation à fin juillet montrent un recul par rapport aux dernières années: -8% en volume, -18% en valeur par rapport campagne précédente.

"Ces chiffres ne nous surprennent pas. Nous avions d’ailleurs annoncé dès le début de cette année ce recul. Nous savions que la faiblesse de la récolte 2013 en baisse de 30% ne permettrait pas de vendre les volumes non produits.
"À cela s’ajoutent d’autres causes moins mesurables mais tout aussi pénalisantes, notamment sur le marché chinois. En premier lieu, la Chine connaît un ralentissement économique et a réduit ses échanges commerciaux avec le reste du monde. Ensuite, l’enquête anti-dumping initiée par les autorités chinoises sur les vins européens a créé un climat d’incertitude sur les marchés. Bordeaux y représente 56% des vins français en valeur et 34% en volume, nous étions donc en première ligne. D’autre part, ce marché qui est passé de 10 000 hl en 2005 à 392 000 hl aujourd’hui, soit une augmentation de 4 000 %, a besoin de souffler", déclare Bernard Farges.

2) Le millésime 2014 s’annonce prometteur

"L’année viticole aura été nerveusement éprouvante. La crainte d’une 2e année déficitaire était dans les têtes et cette tension était palpable jusqu’à la fin du mois d’août.
"Puis vînt le mois de septembre avec un ensoleillement de +28% par rapport à la normale, une pluviométrie inférieure de 70% par rapport à la normale et des températures moyennes supérieures de 3 degrés.
"Croyez-moi, cela apaise! Cela va surtout nous donner un beau millésime 2014. Nous n’avons probablement rien vu de mieux depuis 2010. Il nous faudra attendre le mois de décembre pour avoir une approche précise des volumes."

Sur la zone grêlée en 2013, les volumes produits sont encore faibles et un secteur du Médoc aura été aussi durement touché au printemps 2014.

3) Maladies du bois: un plan national en 2015

Parmi les travaux menés, le CIVB a souligné son implication forte sur les maladies du bois,

"Il s’agit d’un véritable fléau pour le vignoble bordelais mais aussi dans l’ensemble des territoires français et européens. Nous devons constater les faibles avancées de nos recherches même si beaucoup de travaux sont menés. Il nous manque une véritable coordination de tous les acteurs: profession, recherche, pouvoirs publics. La filière, via ses interprofessions et les pouvoirs publics, travaille à la mise au point d’un plan national sur le sujet dès 2015."

4) 1 000 contrats multirisques en plus face à la grêle

"Concernant la grêle, avec la FGVB, notre action consistant à promouvoir les contrats multirisques aura permis de passer de 600 à 1 600 entreprises couvertes par ce type de contrat. Nous continuons nos efforts auprès des assureurs et surtout du ministère pour améliorer ce dispositif."

Un nouveau travail de pédagogie et d’information doit être mené encore cet automne et cet hiver auprès des viticulteurs.

5) Une évolution des pratiques sur le plan environnemental

"Notre action collective mise en oeuvre depuis plus de dix ans mais aussi les actions individuelles de chaque propriété auront permis une évolution très rapide de nos pratiques: des certifications (agriculture raisonnée, Terravitis, bio), des outils d’aide à la décision développés par le CIVB, les collectes d’emballages (Adivalor), le traitement des effluents, les contrôles pulvé, les certiphyto pour tous les applicateurs, le système de management environnemental (SME) avec à Bordeaux 400 entreprises et plus de 10 000 hectares concernés…  Autant de preuves démontrant la prise en compte par l’ensemble de la filière – viticulteurs, coopératives, négociants – de ce sujet qui n’a rien de tabou."

 
Mon-viti a interrogé Bernard Farges au sujet du film Vinobusiness. Le CIVB va-t-il répondre aux critiques faites sur les pratiques bordelaises évoquées dans ce reportage qui a  tendance à duper le grand public?

"Ce qui nous dérange c’est que ce film ne donne qu’une vision partielle et partiale de la viticulture bordelaise et 95% des viticultures de notre région sont oubliées. À ce film et au livre, nous n’avons pas souhaité donner une réponse en particulier. Le travail doit être fait au quotidien, nous avons identifié que nous ne communiquions pas assez sur nos pratiques et surtout sur l’évolution de ces pratiques."

En effet, à aucun moment le film d’Isabelle Saporta ne met en avant la diversité des viticultures bordelaises et encore moins les efforts réalisés par les viticulteurs pour améliorer leurs pratiques.

6) Le projet de loi de santé inquiète

Il y a un an, Bernard Farges, aux côtés d'Allan Sichel, vice-président du CIVB, lançaient à Bordeaux, la campagne de Vins & société: "Ce qui va vraiment saouler les français!". La forte médiatisation avait permis d’éviter une fiscalité comportementale sur le vin.

"Cependant, des menaces sont toujours réelles dans le projet de loi de santé étudié en cette fin d’année. Nous redoutons un durcissement des mesures sanitaires avec la suppression du mot «abus», nous irions vers «l’alcool est dangereux pour la santé». Le vin serait donc jugé nocif dès la première goutte. Le marquage des unités d’alcool ou le grossissement du logo «femme enceinte» sont aussi envisagés. Les populations à risque sont insensibles à ces messages, toutes les études le montrent.
"À quand une campagne menée par les pouvoirs publics français pour éduquer les jeunes à la culture du vin comme en Espagne ou en Italie? Nous en avons fait la demande à plusieurs reprises auprès des ministères concernés, mais en vain! En revanche, quand nous menons nous-même ce type de campagne comme «Buvons moins, buvons meilleur», nous sommes attaqués par l’ANPAA!"

7) Clarifier la loi Évin !

"Notre demande de clarification de la loi Évin est ignorée dans ce projet de loi santé. Nous sommes dans le flou total, tout comme les journalistes, mais aussi les écrivains, les artistes, les agences de publicité… Que permet la loi? Qu’interdit-elle réellement?
"La jurisprudence actuelle dit que «toute évocation en faveur du vin même dans un journal ou une œuvre culturelle est condamnable». Un viticulteur bourguignon s’est même vu interdire de mettre une parcelle de vigne sur un timbre poste...

"Nous demandons aussi de la cohérence aux pouvoirs publics qui nous demandent d’investir dans l’œnotourisme, mais qui dans le même temps pourraient demain, dans le cadre de la loi santé, nous interdire de parler du vin sur des supports aussi essentiels qu’Internet.

8) La nouvelle campagne de pub appelle à la découverte

Enfin, Bernard Farges a dévoilé la nouvelle campagne publicitaire des vins de Bordeaux.

 

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