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Emballages vides

On ne brûle pas, on trie !

Publié le 15/05/2017 - 16:03
« Nous travaillons pour le lancement d’un programme de collecte des emballages de produits œnologiques en 2018 », indique Pierre de Lépineau, directeur d’Adivalor. Photo : Adivalor

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Même s’ils ont contenu des produits de biocontrôle ou des produits utilisables en bio, la collecte concerne tous les emballages. Une marge de progrès est possible pour les sacs et les cartons, estime Pierre de Lépineau, directeur d’Adivalor, la structure qui organise la collecte depuis 2001. Cela peut aussi être positif pour l’image renvoyée au grand public.

Quel a été le résultat de l’année 2016 en termes de collecte pour Adivalor ?
Pierre de Lépineau :
Quinze ans après la création d’Adivalor, nous avons différents programmes de collecte en cours qui ciblent de nombreuses sources d’emballages (bidons, sacs de semences, big-bag…) et plastiques agricoles (films de paillage, ficelles, filets paragrêle…). Ces programmes ont abouti à collecter 74 000 t en 2016, soit 3 000 t de plus qu’en 2015. Grâce aux agriculteurs qui sont à l’origine de tout, nous recyclons 91 % de la collecte.

Où sont les marges de progrès ?
P. de L. :
Pour ce qui concerne les emballages de produits phytosanitaires, le taux de collecte atteint 83 à 84 % et progresse encore. Pour les seuls bidons, nous ne sommes pas loin des 90 % et nous atteignons même 100 % dans certaines régions. Pour les boîtes en carton et les sacs, en revanche, la collecte ne décolle pas. Les viticulteurs sont particulièrement concernés, puisque de nombreux anti-mildiou et anti-oïdium sont conditionnés en sacs ou cartons. Je rappelle qu’il est interdit de brûler ces emballages ! Il faut les rapporter, même ceux qui ont contenu des produits de biocontrôle ou des produits utilisables en bio. C’est d’ailleurs une question à envisager également sur le plan de l’image renvoyée au grand public. Comme nous l’avons dit dans une de nos campagnes de communication, « Le recyclage est à votre image ». Il y a de « bons élèves » parmi les régions viticoles, comme le Bordelais, la Champagne, l’Alsace… Et nous pensons que des opportunités vont se concrétiser, car les démarches de développement durable se généralisent (Cognac, Bourgogne…) et la gestion des déchets en fait partie.

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Que deviennent tous les emballages collectés ?
P. de L. :
90 % des bidons sont recyclés. Pour la plupart, ils entrent dans la composition de gaines techniques qui servent à enterrer les fils électriques. Les sacs et cartons, qui sont souvent multi-matériaux, sont valorisés en énergie. Grâce à la relative homogénéité de ce gisement, les entreprises de recyclage peuvent en faire des combustibles solides de récupération pour remplacer le fuel dans les cimenteries, ce qui est très intéressant.

Concernant les produits phytosanitaires non utilisables (PPNU), comment évolue la collecte ?
P. de L. :
Entre 2001 et 2007, il y a eu un déstockage de tout ce qui s’était accumulé depuis la guerre, voire avant ! Depuis, le flux s’est réduit, mais il existe toujours des PPNU, à cause des retraits d’homologation ou des changements de pratiques. Aussi, des collectes sont organisées régulièrement, mais pas partout chaque année. Donc si vous avez des PPNU, n’hésitez pas à le signaler auprès de votre distributeur, afin de ne pas rater le prochain rendez-vous. Adivalor collecte environ 200 t de PPNU/an.

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On en parle depuis 2005, la collecte des produits œnologiques est-elle pour bientôt ?
P. de L. :
Il est vrai que nous avions lancé une première étude de faisabilité en 2005, que nous avons réactualisée en 2013-2014. Il existe des régions pilotes, dans lesquelles cette collecte est déjà effective, notamment en Champagne et en Bordelais. La demande des vignerons est de plus en plus pressante pour une généralisation de la collecte, car certaines collectivités ne veulent plus s’en charger. Nous travaillons aujourd’hui avec les fabricants de produits œnologiques et de produits d’hygiène, en lien avec les interprofessions, pour lancer un programme en 2018. Le financement passera par une éco-contribution. Adivalor a lancé une collecte pour les EPI l’an dernier.

Pouvez-vous nous faire un premier bilan ?
P. de L. :
Effectivement, il est désormais possible de rapporter les combinaisons de traitement, les gants, les masques, les filtres ayant été utilisés. Plus de 200 distributeurs participent à cette action (la liste est disponible sur le site d’Adivalor, rubrique « les collectes », puis, « où apporter »). À ce jour, nous avons collecté 10 t d’EPI (toutes filières agricoles confondues), ce qui montre que nous répondons à une demande. Avec l’arrivée de la nouvelle génération d’EPI textile, nous allons évaluer si ces combinaisons doivent entrer dans notre circuit spécifique ou si elles peuvent être collectées avec les textiles.

Évolution des volumes collectés et recyclés
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Viticulture
Décret cinq flux : mode d’emploi

Depuis le 1er juillet 2016, la réglementation oblige les entreprises à gérer séparément leurs déchets d’emballages en bois, ferraille, papier/carton, verre et plastique.
Qui est concerné ? Les entreprises produisant plus de 1 100 l/semaine (1,1 m3) de déchets ou qui n’ont pas recours aux services des collectivités territoriales pour gérer leurs déchets.
En quoi ça consiste ? Que ce soit les déchets générés par votre activité (palettes, cartons, bouteilles, etc.) ou ceux laissés par vos clients, cinq matières doivent être triées séparément : bois, ferraille, papier/carton, verre et plastique.
Comment faire ? Deux options : trier à la source, matière par matière, ou demander une benne pour collecter les cinq matières, en n’oubliant pas de demander un certificat justifiant que les déchets ont bien été séparés et valorisés.

Article paru dans Viti hors-série Les Enjeux de mai 2017vths26-1.jpg

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