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Frédéric Raspail, viticulteur dans la Drôme

Un chenillard pour travailler en pente

Publié le 04/03/2019 - 14:24
Fréderic Raspail est équipé d’un chenillard Kubota M5001 Power Crowle. © Kubota

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Direction le sud-est de la France, dans la région Rhône-Alpes-Auvergne ! Pour faire face aux coteaux, le domaine Raspail (26) s’est équipé d’un tracteur chenillard Kubota. Ce dernier apporte aux exploitants plus de traction pour gravir les pentes. La sécurité et le confort de la machine sont aussi des points appréciés.

 

En mai 2018, Fréderic Raspail, viticulteur à Saillans, à une vingtaine de kilomètres de Die, dans la Drôme, a investi dans un tracteur spécialisé, équipé de chenilles sur le train arrière. Moins d’un an après l’acquisition de l’engin, les premiers bénéfices ont rapidement été observés : « Le chenillard, Kubota M5001 Power Crowler, facilite la montée dans les pentes de 30 à 40 %, explique le vigneron. De plus, la traction est meilleure par rapport à un train roulant classique. On le constate surtout dans la pente et le dévers. Les chenilles accrochent mieux à la surface du sol. » Fréderic Raspail souligne également la sécurité que lui offre la machine. « Le tracteur glisse moins et nous permet de travailler droit entre les rangs. Auparavant, il m’était déjà arrivé de me retrouver coincé le long des piquets de vignes », explique Frédéric Raspail. Autre point intéressant constaté par le vigneron, le chenillard a tendance à moins se cabrer de l’avant, notamment lors des montées. « Si besoin, pour certains travaux, on attelle une masse de 400 kg pour alourdir l’avant du tracteur », ajoute-il. Le M5001 est aussi doté de quatre roues motrices pour toujours plus de force de traction.

Fiche d’identité du domaine Raspail
• Domaine familial datant de 1942
• Fréderic Raspail, installé en 2001, BTS œnologie, 4,5 UTH + 12 saisonniers sur trois semaines lors des vendanges
• Vignoble de 15 hectares situé dans la vallée de la Drôme à 270 m d’altitude
• Vignes plantées sur des coteaux avec des pentes de 30 à 40 % 
• Sol de type argilo-calcaire et marneux
• Production de vin biologique : vin blanc, vin rouge, vin rosé, clairette-de-Die, crémant de Die

 

« La traction des chenilles est meilleure par rapport à un train roulant classique. On le constate surtout dans la pente et le dévers. Les chenilles accrochent mieux à la surface du sol. »  © Kubota La chenille : un investissement judicieux ?

Outre la sécurité, le viticulteur apprécie également le confort du tracteur. En effet, la place disponible en cabine, le plancher plat et l’insonorisation ont séduit l’utilisateur. Pour Frédéric Raspail, le chenillard apporte un vrai plus concernant la traction et la sécurité dans son travail. Mais qu’en est-il de l’aspect agronomique ? « C’est sûr, on tasse moins le sol, surtout en conditions humides, contrairement aux pneus qui ont tendance à stocker la boue en sol humide. Les chenilles, quant à elles, ont un effet de flottement grâce à leur surface de contact. De plus, les chenilles arrachent moins la surface du sol », affirme le vigneron. Limiter le tassement c’est aussi favoriser l’aération du sol, afin que l’eau et l’air circulent dans de bonnes conditions. Si le sol est trop compact, les racines peuvent se retrouver asphyxiées et rendre la vigne plus vulnérable. Le développement des racines peut également être ralenti. Les risques de ruissellement et d’érosion sont eux aussi atténués. Cela se répercute donc sur la répartition des apports d’engrais et des amendements. Concernant la vie du sol, une terre trop tassée fait diminuer l’activité biologique. Le processus de décomposition de la matière organique se retrouve ralenti.

« Même si j’utilise ce tracteur depuis quelques mois, j’ai tout de même constaté plusieurs faits sur le travail du sol. Si les travaux de printemps sont réalisés aux bons moments et sur des sols réessuyés, les outils deviennent moins tirant et la terre est plus facile à travailler. C’était le cas l’été dernier pendant la sécheresse estivale. Cela se répercute donc sur la consommation de carburant », déclare l’exploitant. Même si c’est difficile à chiffrer, il pense quand même avoir réalisé des économies, bien que la puissance des tracteurs augmente. « Aujourd’hui les machines sont de plus en plus puissantes et le gabarit augmente également. Par exemple, avec le Kubota M5001 Power Crawler j’ai un moteur qui développe 93 chevaux alors que son prédécesseur faisait mois de 70 chevaux », explique Fréderic Raspail.

 

Des manœuvres limitées par le rayon de braquage

Bien que les chenilles offrent une meilleure traction, la longueur du tracteur, près de 4 m, pénalise le rayon de braquage. En effet, les vignes du domaine Raspail sont plantées avec un interrang de 2,20 mètres et avec un dégagement de 6 m en bout de parcelle. Le rayon de braquage de 4,55 mètres est parfois trop juste.

Afin de limiter cet effet, le tracteur est équipé de la fonction Bi-Speed Turn. Si l’angle de braquage des roues avant dépasse les 35 degrés, la vitesse de rotation des roues avant s’accélère.

Elles tourneront deux fois plus vite, afin de minimiser le rayon de braquage. La fonction Bi-Speed est gérée par le chauffeur, il l’active seulement si nécessaire.

Après plusieurs heures de travail sur sa machine le viticulteur a relevé quelques inconvénients.

Dans un premier temps, le prix des chenilles. Il faut compter de 5 000 € à 6 000 € supplémentaires lors de l’investissement. « Pour autant, les modèles à chenilles Power Crawler de Kubota se positionnent plutôt bien sur le marché vis-à-vis des autres tractoristes. Le prix du M5001, avec son train de chenilles, est même moins cher qu’un tracteur classique de chez certains constructeurs », explique l’exploitant. L’usure est également pointée du doigt par Fréderic Raspail. Bien que les chenilles soient taillées pour travailler dans les champs, elles s’abîment rapidement sur des sols pierreux.

Plus de confort et de sécurité dans le travail grâce aux chenilles 

 

 

Viti leaders 440 février 2019

Article paru dans Viti Leaders de février 2019

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