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Cyril Jaquin, FNCuma

La Cuma de demain intégrera les nouvelles technologies

Publié le 20/11/2017 - 16:57

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Cyril Jaquin est viticulteur coopérateur en Ardèche, et trésorier de la FNCuma, la fédération nationale des Cuma.

Comment seront les Cuma de demain ?
Cyril Jaquin :
Le nombre de Cuma ne va pas forcément progresser, mais la diversité du matériel à disposition oui. Désormais, la machine à vendanger, qui est souvent l’élément déclencheur d’une démarche collective, n’est plus le seul matériel mis en commun. Les matériels se diversifient (voir encadré). C’est le cas des prétailleuses, du petit matériel comme les tarières, etc. Sans compter qu’avec la diminution des intrants, les outils de travail du sol seront de plus en plus nécessaires dans le futur. La complantation fait aussi partie des pistes de réflexion, ainsi que la lutte contre le gel. La viticulture n’est pas le seul axe de développement, le potentiel est très important sur des matériels post-récolte comme des filtres ou des chaînes d’embouteillage. Ils sont encore peu présents en Cuma, alors que cet investissement collectif a de vrais atouts en termes d’organisation par rapport à un prestataire de services. En se regroupant, il est possible de ne pas embouteiller toute sa production le même jour, de travailler par lots. C’est une autre organisation du travail, plus souple, y compris pour la trésorerie, puisqu’elle permet par exemple de répartir sur l’année les achats de matières sèches.

La Cuma de demain intégrera-t-elle les nouvelles technologies ?
C. J. :
Aborder les NTIC via les Cuma est intéressant, non seulement pour la mutualisation des coûts, mais aussi pour leur apprentissage en commun et le cumul des retours d’expérience. De plus en plus de Cuma sautent d’ailleurs le pas. Dans le Sud de la France par exemple, il y a une Cuma qui a récemment investi dans une machine pour pouvoir planter les vignes par GPS. L’achat de drone en collectif est également une piste de développement en Cuma, notamment pour pouvoir prospecter davantage de vignobles vis-à-vis de la flavescence dorée en complément des prospections à pied. Ce sera d’ailleurs plus certainement des projets développés en inter-Cuma ou en Cuma départementale. La FNCuma dispose au niveau national d’un spécialiste référent (Stéphane Chapuis, responsable du service agro-équipement) qui peut venir en appui. Nous avons mis en place une commission viticole nationale qui se réunit trois fois par an. L’objectif est de faire un tour des innovations mises en place au sein des Cuma, de les montrer à tous les adhérents, de faire remonter les retours d’expérience et d’avoir une réflexion entre les différentes régions (sur le travail du sol notamment).

Que pensez-vous du développement des services de location de matériel ?
C. J. :
À ma connaissance, de tels services ne sont pas très développés en viticulture. Si c’était le cas, ce serait évidemment une concurrence pour les Cuma, mais pas tant que cela : l’intérêt du collectif va au-delà du coût de toute façon à travers la notion d’entraide et d’échanges, d’organisation, ou de compétences pour ceux qui ont un salarié en commun. Mais cela nous amène à réfléchir à plus long terme sur les façons de faire évoluer l’adhésion, voir comment on pourrait rendre le système plus souple et plus réactif.

1 200 Cuma
Le parc matériel en Cuma se diversifie

En France, plus de 1 200 Cuma représentant 37 000 adhérents possèdent au moins un matériel viticole. Le parc de matériels ainsi partagé dépasse les 4 700 machines (rien qu’en travail de la vigne, récolte et post-récolte), pour une valeur à neuf de 154 millions d’euros.
La machine à vendanger est en tête des matériels viticoles mis en commun (1 045 machines à vendanger selon les données de la FNCuma). 1 700 outils sont dédiés aux activités sur la vigne (épampreuses, effeuilleuses, rogneuses, releveuses, prétailleuses, etc.), sans compter le travail du sol. Le parc tend à se diversifier avec des matériels de « post-récolte » (324 selon l’enquête FNCuma) : tels que pressoirs, filtres, chaînes d’embouteillage, etc. À noter également que de plus en plus de stations de traitement d’effluents vinicoles voient le jour dans un cadre Cuma depuis quelques années.

Article paru dans Viti Leaders n°429 de novembre/décembre 2017

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