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Loïc Brunot, Sopexa

« Le recul des vins chiliens se poursuit au Japon »

Publié le 01/10/2019 - 10:08

Trois questions à Loïc Brunot, directeur de Sopexa Japon-Australie.


Quelle est la tendance des exportations françaises vers le Japon pour ce début d’année 2019 ?
Loïc Brunot : Les derniers chiffres en vins tranquilles, de janvier à avril, confirment la tendance déjà engagée : les fournisseurs européens maintiennent de bons niveaux. En volume, la France, qui est n° 2, affiche + 11,5 %. L’Italie performe un peu mieux avec + 15,3 %. Pour l’Espagne c’est une progression de 3,2 %. Hors Union européenne, le Chili accuse un recul de 16,4 % en volume et ne représente plus que 30,6 % de parts de marché. En comparaison, la France est à 24 % de parts de marché.

Le Chili reste-t-il un concurrent redoutable ?
L. B. : Son recul date de l’année passée et se poursuit. Beaucoup de professionnels sentent un changement du marché : les Japonais commencent à se lasser des entrées de gamme caractéristiques des vins chiliens. Le traité UE-Japon a accentué cette tendance. Là où, historiquement, les jeunes commençaient à se familiariser avec le vin avec les beaujolais nouveaux, ils se tournent maintenant vers des vins chiliens, présents toute l’année en rayon. Le côté positif du vin chilien, c’est qu’il a démocratisé le « produit vin ».

Comment les Français peuvent-ils se démarquer ?
L. B. : Il faut avoir un interprète, c’est important. Il faut expliquer nos spécificités, nos terroirs, et faire partager un univers. Par exemple, nous avons fait venir 54 instagrammeurs non professionnels du vin pour partager My Bordeaux expérience, et montrer toute l’étendue de l’offre. Autre exemple : pour Inter Rhône, notre agence a mis en place une opération chez Isetan (l’équivalent des Galeries Lafayette). Nous avons créé un univers visuel avec les vins rouges de la vallée du Rhône, un show de cuisine et des ateliers accords mets-vins. Le consommateur n’est pas passif comme devant une publicité, il vit une expérience.
Quand les producteurs font l’effort de se déplacer, c’est aussi très apprécié : même en petit comité, dans des bars ou des bars à vins, cela a beaucoup d’impact. Il faut également réfléchir aux dégustations, envoyer des échantillons et faire vivre une expérience en relayant la vie du domaine, l’histoire du vigneron. On peut utiliser les réseaux sociaux pour cela, raconter le quotidien au domaine. Les Japonais sont très sensibles à l’histoire, au travail du vigneron, à la valeur du travail en règle générale. L’artisanat étant très présent dans leur pays, ils aimeront savoir comment les vignerons façonnent leurs vins et vivre une petite part de cette expérience.

Article paru dans Viti 445 de septembre 2019

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