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Alternatives aux herbicides

Comment la SNCF envisage-t-elle la sortie du glyphosate ?

Publié le 07/09/2020 - 10:29
Le retrait du glyphosate impactera aussi la SNCF. Des expérimentations  sur les alternatives aux herbicides de synthèse commencent à se mettre  en place sur le réseau ferré.

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Le retrait du glyphosate impactera aussi la SNCF. Des expérimentations sur les alternatives aux herbicides de synthèse commencent à se mettre en place sur le réseau ferré.

Pour désherber les quelque 61 000 km de voies ferrées, la SNCF utilise entre autres du glyphosate.
Cette consommation représente environ 0,5 % du tonnage vendu en France.

Avec l’interdiction de la molécule herbicide annoncée pour 2021-2023, la SNCF, comme l’agriculture française, est en quête d’alternatives efficaces et peu coûteuses. Dans le rapport financier 2019 de la société, on peut lire que « de nouvelles techniques et alternatives à l’utilisation du glyphosate sont testées depuis 2019 ou sont à l’étude :

• à moyen terme, l’usage d’herbicides alternatifs s’appuyant sur les nouveaux produits de biocontrôle, des moyens de traitement optimisés dans le sens de la réduction des consommations (trains à détection) et un panel de solutions adaptées à certaines situations : l’ensemencement choisi sur voies de service et pistes, géotextiles, robots de fauche sur pistes des lignes à grande vitesse ;

• à long terme, des alternatives sans herbicide comme des technologies nouvelles de type ondes (partenariat CEA) et impulsions électriques. »

Les désherbages mécanique et thermique sont exclus, car jugés inadaptés ou dangereux.

L’enherbement par hydromulching pour les voies de service

Depuis peu, sur des voies de service peu empruntées et déjà enherbées, la SNCF teste l’ensemencement choisi, « une technique qui consiste à implanter un mélange d’espèces végétales compatibles avec les contraintes de sécurité ferroviaire et du personnel ». Le premier essai a été mené en région parisienne. Pour les semis réalisés en avril 2019, la SNCF indique avoir eu recours à l’hydromulching. « C’est une méthode permettant de semer rapidement et avec peu de préparation de grandes surfaces. Le processus est le suivant : dans un camion, on mélange les graines avec de l’eau et du "mulch", mélange de cellulose, de fibre de bois et de matière organique. Puis cette composition est projetée. Grâce à cette technique, les plantes poussent mieux et prennent le dessus sur les indésirables, qu’elles vont petit à petit étouffer ».

Ici, des agents mettent en place des couverts par hydromulching.

Dans le Jura, en automne 2019, quatre voies ont aussi été enherbées par hydromulching. « Pendant cinq ans, des relevés seront effectués chaque année afin d’analyser les résultats de cette expérimentation et d’identifier les mélanges les plus adaptés », indique la SNCF.

Prête pour 2023 ?

D’après les quelques informations disponibles, on constate que les travaux sur les alternatives en sont encore à leurs balbutiements. SNCF Réseau dépense 30 millions d’euros par an pour désherber chimiquement les voies et les pistes. Après l’interdiction du glyphosate, la facture pourrait atteindre 500 millions avec les moyens actuellement à disposition, selon les calculs de la Fondation Concorde.

Sans glyphosate, ni alternatives, la SNCF devrait, dans un premier temps, réorienter ses stratégies phytosanitaires vers d’autres herbicides encore autorisés. Actuellement, 72 % des herbicides achetés par la SNCF (en kilogrammes de matières actives) sont du glyphosate.

Programme phyto de la SNCF sur les rails
La campagne de traitements annuels de la SNCF se déroule de début mars à mi-juillet.
• Mars-avril : traitement total à action mixte, à dominante préventive (prélevée comme le flazasulfuron) complétée d’une action foliaire systémique ;
• Avril-mai : traitement total à action mixte préventive et curative foliaire systémique ;
• Juin-juillet : traitement total curatif foliaire systémique seul.
Six trains désherbeurs roulant entre 50 et 70 km/h réalisent les traitements sur les lignes principales. Ils sont équipés de dispositifs d’injection directe, asservis à la vitesse du train et à la largeur traitée. Cela permet d’appliquer des dosages différenciés selon les parties traitées ; deux fois moins sur les ballasts que sur la piste. Depuis 2018, ces trains sont équipés d’un système GPS issu des techniques agricoles, qui permet entre autres d’éviter les doubles traitements.
Extrait du document « La maîtrise de la végétation », SNCF Réseau, 2019.

Ailleurs
En France, le Gouvernement d’Emmanuel Macron souhaite l’interdiction des principaux usages du glyphosate dès le 1er janvier 2021 et de l’ensemble de ses usages au 1er janvier 2023. En Allemagne, l’herbicide devrait être interdit fin 2023. En Autriche, le Parlement avait voté l’interdiction à partir de 2020. Le Gouvernement a fait annuler la décision. Le glyphosate est encore utilisé dans le pays le « plus bio » de l’Union européenne (25 % de la SAU en AB).

Article paru dans Viti 454 de septembre 2020

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