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Transport maritime

Le port de Sète est-il toujours le port pinardier d’antan ?

Publié le 07/08/2018 - 14:23
Une fois par semaine, jusqu’à dix wagons-citernes en inox de 600 hl remplis de vin partent par le rail, notamment en direction de l’Allemagne. © C. Even/Pixel Image

Le port de Sète est à la fois un port de commerce, un port de pêche et un port de plaisance. Aujourd’hui, le transport de vin en vrac ne représente plus qu’un trafic parmi d’autres.

 

Le transport du vin en vrac est un trafic historique du port de Sète, mais il ne revêt plus l’importance qu’il a pu avoir après la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, les marchandises qui transitent par le port de commerce de cette ville de l’Hérault, bordée au nord par l’étang de Thau et au Sud la Méditerranée, sont très diversifiées : voitures neuves, graines oléagineuses, vrac industriel…

Jean-Baptiste Biron, gérant de la société Biron qui emploie une quinzaine d’employés, explique qu’ils sont ainsi la dernière entreprise spécialisée dans le stockage et le transport maritime du vin en vrac sur le port de Sète : « Nous transportons aussi bien du vin de table que des vins d’appellation. » Le vin ne représente toutefois pas l’unique activité du commissionnaire de transport spécialisé dans le maritime. Il réalise la moitié de son activité dans le transport de produits alimentaires liquides en vrac, plus particulièrement des huiles végétales comme de l’huile de palme et de l’éthanol.

En outre, dans son activité « transport de vin en vrac », l’entreprise ne réalise que 5 % de son chiffre d’affaires sur le port de Sète. En effet, la société organise principalement des transits de vin via d’autres ports français, européens et internationaux. Constanza (Roumanie) et Valence (Espagne) ainsi que Valence et Gènes (Italie) font ainsi partie de ses routes principales de transport du vin.

 

180 000 hl de capacité de stockage

Concernant les origines du vin, là aussi, le port de Sète a connu des évolutions. S’il y a encore quelques années, la ville portuaire importait massivement du vin en provenance du Maghreb, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Dans son chai de 130 cuves d’une capacité totale de 180 000 hl, la société Biron stocke principalement des vins et/ou moûts de raisins français ou provenant d’autres pays européens, plus particulièrement d’Italie ou d’Espagne. « Certains vins sont stockés deux jours, et d’autres, un an et demi. Ces vins ne nous appartiennent pas », précise le gérant. Le vin peut ensuite être exporté par bateau vers le Maroc, le Canada (…) ou par rail, vers l’Allemagne notamment.

Depuis Sète, le commissionnaire organise environ deux fois par mois le chargement/déchargement d’un navire-citerne avec du vin en vrac (pour l’activité globale, ce sont deux à trois chargements par semaine). L’entreprise a l’habitude d’affréter quatre navires-citernes, avec des capacités de stockage allant de 20 000 à 60 000 hl. Ces bateaux sont dédiés au transport de produits alimentaires et sont toujours loués en entier pour transporter une même catégorie de produits, notamment du vin, du moût et du jus de raisin. Quand les navires-citernes se trouvent au port de Sète, ils sont amarrés à 200 m environ du chai.

Lors du transport de produits alimentaires, la société Biron loue en entier des navires-citernes possédant entre 14 et 26 cuves en inox, d’une capacité de 560 hl  à 4 000 hl. Le bateau mesure ici 118 m de longueur  sur 17 m de largeur. © BIRON SA

 

Des cuves en inox rectangulaires

Lors du chargement du bateau, le vin stocké dans les cuves est acheminé jusqu’au quai par des tuyaux en inox qui sont enterrés. Le transfert dans les cuves en inox rectangulaires des navires-citernes, se fait alors via des pipelines, puis des lignes et des pompes dédiées à chaque cuve. Les citernes sont remplies par leur fond afin de limiter le phénomène d’oxygénation et d’oxydation du vin. « Selon la demande des clients, nous pouvons inerter à l’azote afin d’éviter ces phénomènes », précise le gérant. Le vin n’est pas transporté sous température dirigée. Jean-Baptiste Biron explique en effet, que grâce à la structure du navire-citerne avec une double-coque (sur le fond et les flancs), avec un vide entre les deux parois, la température dans le bateau est naturellement régulée pendant le transport.

Une fois arrivé à destination, le vin est déchargé. Les cuves du bateau et tout le matériel sont ensuite nettoyés et désinfectés, comme avant le chargement. En tant que commissionnaire, la société Biron doit garantir une hygiène parfaite afin de maintenir la qualité du vin et garantir la sécurité alimentaire. Un échantillonnage rigoureux est effectué lors des différentes étapes de la manutention, depuis la cave du fournisseur jusqu’à l’arrivée. Dans son guide du transport du vin en vrac, l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) détaille les bonnes pratiques à suivre.

Une fois déchargé, le vin est stocké dans un chai ou directement transféré dans des camions-citernes ou des wagons-citernes, si le port d’arrivée est desservi par le train. Un des atouts majeurs du port de Sète réside d’ailleurs dans cette multimodalité. Il est relié aux réseaux autoroutiers, ferrés et fluviaux.

Viti Leaders de mai-juin 2018

 

Article paru dans Viti Leaders de mai-juin 2018

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