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Vin

La péniche Alizarine transporte vos vins au fil de l’eau

Publié le 13/11/2017 - 16:54

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Avez-vous déjà pensé à faire transporter vos vins par une péniche ? Ce moyen de transport est l’un des plus écologiques, une péniche émettant 40 fois moins de pollution atmosphérique qu’un camion et consommant jusqu’à 4 fois moins de carburant.

Le transport fluvial des marchandises, vins compris, n’est pas nouveau. Mais la pratique a fortement régressé, remplacée peu à peu par le transport routier. Cécile Sauthier et Raphaël Sauzéat, ont souhaité remettre ce moyen de transport au goût du jour, avec la création en 2014 d’Alizarine, une Scop en passe de devenir une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) de transport fluvial éco-responsable de bouteilles de vins. « L’idée était d’œuvrer à la transition et à la sobriété énergétique en relançant une logistique de transport fluvial, et ainsi participer à la diminution du nombre de camions sur les routes », expliquent les deux gérants, mais aussi navigants de la péniche « Une péniche émet 40 fois moins de pollution atmosphérique qu’un camion et consomme jusqu’à 4 fois moins de carburant ».

Vis-à-vis du vin, le transport fluvial offre également d’autres avantages : un transport doux pour le vin, qui est consommable à l’arrivée, pas de casse, pas de bruits, etc., font partie des atouts mis en avant pour cette logistique porteuse. La péniche Alizarine mesure 35 m de long sur 5 m de large. « C’est une péniche de "petit" gabarit, ce qui nous donne accès aux petits canaux », précise Cécile Sauthier. Elle est équipée spécialement pour répondre aux spécificités du transport du vin. Sa cale est en effet isolée et climatisée de façon à garantir une maîtrise de la température et de l’hygrométrie tout au long du voyage. Elle dispose d’une grue embarquée afin de livrer au plus près les clients (en centre-ville par exemple) et de charger sans infrastructures portuaires spécifiques.

30 000 bouteilles en cale

La péniche navigue quasiment toute l’année, hormis en janvier et février. À une vitesse de croisière oscillant entre 4 km/h et 20 km/h. Elle sillonne le Rhône, la Saône et la Seine.

Sur cet axe Vallée du Rhône-Paris, elle peut s’arrêter un peu partout : « Nous avons deux itinéraires selon les besoins : par la Champagne (Reims) ou par Nevers. Nous pouvons accoster sur tous les quais autorisés par la Compagnie nationale du Rhône, VNF (voies navigables de France), les CCI, les ports Haropa et les canaux de Paris. Sur les canaux il y a un tas d’arrêts possibles à étudier en fonction de la demande », signalent-ils. Alizarine transporte essentiellement du vin mais pas uniquement. « Nous transportons environ 90 % de vins, le reste est constitué par des produits du terroir non périssables, comme de l’huile, des noix, du miel, des conserves… », explique Cécile Sauthier. Sa capacité de chargement est de 160 tonnes en poids. Elle peut transporter jusqu’à 30 000 bouteilles de vin.

Organiser des dégustations à bord

Pour les livraisons, elles sont possibles à quai mais aussi directement chez le client. Alizarine propose une ligne régulière entre la vallée du Rhône et Paris, avec la possibilité de livrer et/ou de charger du fret palettisé tout au long du parcours. « Nos clients sont répartis dans un rayon de 1 à 25 kilomètres autour de ces différents quais. La collecte des palettes s’effectue en donnant rendez-vous aux donneurs d’ordres au quai le plus proche », expliquent-ils.

Si le moyen de transport est millénaire, la logistique est, elle, moderne. Alizarine dispose de son site Internet, et de sa page facebook. Il est d’ailleurs possible de suivre ses trajets : de connaître sa direction, ses arrêts prévus, etc. La vocation première d’Alizarine est le transport, mais elle est également un moyen de communication et de promotion original. « La péniche reste un bateau de travail, mais elle dispose d’un espace d’accueil, permettant l’organisation de dégustation et la vente directe des vins transportés. C’est un service supplémentaire que nous proposons à nos clients ».
 

Domaine des côtes de la Molière
« Une continuité de notre travail »

Le Domaine des Côtes de la Molière est situé dans le Nord Beaujolais. Isabelle et Bruno Perraud exploitent un domaine de 8 ha en bio depuis 20 ans et actuellement en conversion en biodynamie. Ils exercent également une activité de négoce pour l’achat de raisin bio. Ils font transporter une partie de leurs vins par Alizarine. « Je trouve que le transport fluvial constitue une bonne continuité de notre travail au niveau environnemental, explique Isabelle Perraud, Ce mode de transport nous a tout de suite plu. Bien sûr, il demande un peu plus d’organisation et d’anticipation que de faire appel à un transporteur routier, mais ce n’est pas si compliqué et en plus c’est nettement plus avantageux en termes de coûts pour le client. Lorsque je vois que la péniche va faire escale à Mâcon, je contacte mes clients pour leur proposer, généralement 3 semaines avant la livraison. Mon dernier envoi ? 2 palettes chargées à Mâcon fin août, arrivées à Paris le 2 septembre. Le transport fluvial est tellement plus cohérent par rapport à notre mode de production bio. Nous expliquons à nos clients le pourquoi du transport par Alizarine, et généralement les délais sont bien acceptés par les cavistes comme les restaurateurs. Cette information est importante aussi pour le consommateur final. Nous apposons à cette fin des étiquettes sur les bouteilles transportées par Alizarine. Nous sommes en train de regarder pour essayer d’organiser une dégustation sur la péniche. »

Article paru dans Viti Leaders n° 429 de novembre/décembre 2017

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