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Comment rencontrer 300 patrons en une soirée ?

Publié le 28/03/2018 - 12:29
Durant les soirées, le programme se partage à parts égales entre l’économie et le vin. Photo : Wine Business Club

Durant les soirées, le programme se partage à parts égales entre l’économie et le vin. Photo : Wine Business Club

Présenter ses vins à une assemblée de chef d’entreprise, dans un endroit prestigieux, accompagnés de plats préparés par des chefs étoilés ? C’est le concept de Wine business club. Plusieurs centaines de vignerons ont déjà participé, pourquoi pas vous ?

Comment avez-vous eu l’idée de développer un club associant le monde des affaires et le vin ?
Alain Marty :
Mes grands-parents maternels étaient vignerons à Maury et j’ai été élevé dans les vignes. Après mon école de commerce, je suis parti en Chine vendre des vins et des parfums. À mon retour, j’ai souhaité continuer une activité en lien avec le vin et c’est ainsi que j’ai lancé le Wine business club en 1991. Au départ, nous avions 30 adhérents et nous en avons 2 500 aujourd’hui. Il y a eu trois années un peu compliquées au début, puis l’activité a explosé. Nous réalisons actuellement 8 M€ de chiffre d’affaires, avec une vingtaine de salariés.


Combien de clubs avez-vous actuellement ?
A. M. :
Nous avons quinze clubs dans douze villes et nous avons pour projet d’ouvrir trois autres clubs à Nice, Rennes et Strasbourg en 2018. Nous serons ainsi présents dans toutes les grandes régions françaises. Notre ambition pour cette année est aussi d’installer des clubs en Europe, à Londres, Bruxelles, Düsseldorf, Milan et Barcelone. Dans chaque pays, nous choisissons des régions avec un terreau industriel et un goût pour les bons produits. Nous présenterons toujours du vin français, mais nous goûterons de tout, comme en France, d’ailleurs. Nos soirées ont lieu une fois par mois, toujours dans de beaux endroits comme l’hôtel Bristol ou le Shangri-La à Paris.

Alain Marty a créé le Wine business club en 1991. Il rassemble aujourd’hui 2 500 adhérents. Photo : Wine Business Club Alain Marty a créé le Wine business club en 1991. Il rassemble aujourd’hui 2 500 adhérents. Photo : Wine Business Club


Qui sont vos adhérents ? Comment entre-t-on dans votre club ?
A. M. :
Nos adhérents sont des chefs d’entreprise ou exercent des professions libérales. Nous comptons 21 % de femmes parmi les adhérents. L’âge moyen se situe à 42 ans. Nous sommes à 100 % B to B, c’est-à-dire que nous n’avons pas de particuliers. Les nouveaux membres doivent être parrainés. Ils paient ensuite une cotisation : 5 000 € HT pour dix dîners à l’année, avec la possibilité d’avoir un invité. La formule la plus courante est à 11 000 € HT à l’année, pour dix soirées et quatre invités. Le développement s’effectue principalement par le bouche-à-oreille, les invités devenant membres.


Comment se déroule une soirée ?
A. M. :
Le programme se partage à parts égales entre l’économie et le vin, ce qui est sans doute une des clés de notre succès. La soirée débute par une heure de conférence sur un thème économique général, puis nos trois invités vignerons (de régions non concurrentes) font une dégustation commentée de leurs vins. Ensuite, j’interviewe deux personnalités du monde économique. Enfin, de 21 h à 23 h 15, le dîner est servi, avec des plats préparés par les chefs de l’endroit où a lieu la soirée, en accord avec les vins dégustés. Les vignerons font donc deux passages pour présenter et commenter leurs vins. Ils ont aussi un petit stand pendant la soirée, où ils peuvent échanger avec les invités, prendre des cartes de visite… Pour ma première soirée, j’avais invité Serge Dassault et Alexandre de Lur Saluces, alors propriétaire du Château Yquem.


Comment choisissez-vous les vignerons invités ?
A. M. :
Nous sommes très ouverts : nous présentons des vins de 5 € à… beaucoup plus ! La sélection se fait avec le journaliste et critique David Cobbold avec qui je travaille depuis longtemps. Les vignerons peuvent envoyer des échantillons, nous les dégustons et si c’est bien, nous invitons. Le vigneron vient avec douze bouteilles de chacun des deux vins qu’il va présenter. Participer à une de nos soirées lui permet d’avoir une plateforme haut de gamme pour présenter ses vins, à un public d’amateurs avertis. Le Wine business club n’est pas forcément informé de ce qui se passe après une soirée. Si un courant d’affaires peut se créer, c’est très bien, mais ce n’est pas ce que nous promettons. En général, les vignerons sont ravis de participer.

Élise Gaillard, domaine Madeloc
« Ces soirées contribuent à l’image de notre domaine »

Responsable du Domaine Madeloc (Banyuls), Élise Gaillard a participé à plusieurs soirées du Wine Business club.
« J’ai participé à trois soirées du Wine business club, à Paris, Montpellier et Perpignan. Pour choisir les vins, nous nous adaptons aux thèmes traités par le sommelier. Par exemple, à Perpignan, nous avons présenté des vins locaux (collioure, banyuls). À Paris, nous n’avons proposé que du banyuls. J’aime bien cette phase de préparation. C’est l’occasion d’une discussion professionnelle : nous recherchons des millésimes un peu anciens. Nous allons chercher ce qui goûte bien dans notre cave et c’est toujours intéressant. Le jour J, la présentation des vins en public est un peu intimidante, mais j’y prends goût !

Élise Gaillard : « Ces soirées amènent une visibilité auprès d’acheteurs potentiels qui retrouveront nos vins chez nos distributeurs. » Photo : DR Élise Gaillard : « Ces soirées amènent une visibilité auprès d’acheteurs potentiels qui retrouveront nos vins chez nos distributeurs. » Photo : DR


Pour moi, cette participation est un investissement de communication inhérent à toute entreprise. L’intérêt réside dans la visibilité auprès d’acheteurs potentiels, non pas en direct, mais qui vont plutôt retrouver nos vins chez nos distributeurs. Quoiqu’un de nos agents ayant participé à une soirée dans le Nord a pu nouer des contacts locaux. Ces soirées contribuent aussi à l’image de notre domaine. C’est une fierté d’être invité au Bristol ! Et puis, je profite des conférences à titre personnel, car les invités sont passionnants. Même si on traite d’autres secteurs que le vin, c’est l’occasion d’ouvrir son esprit. » Recueilli par I. A.

Article paru dans Viti Leaders de février 2018Viti leaders 431 février 2018

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