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Vinoga

Renouveler le e-commerce du vin grâce au jeu !

Publié le 02/07/2014 - 15:58

Quelles pistes pour renouveler le e-commerce? Comment toucher une clientèle de vin différente, branchée, jeune, féminine qui aime apprendre en s'amusant? Vinoga, un jeu en ligne dédié au métier de vigneron sera une réponse à ces demandes, pense Oswald Bernard, le cofondateur et directeur de ce projet.

Audrey Domenach - mon-viti.com : Quelle équipe derrière ce projet ?

Oswald Bernard : J’aime bien commencer par la question de l’équipe. Elle est fondamentale ! Nous sommes une équipe de 7 personnes maintenant, qui travaillons à temps plein sur Vinoga. Nous sortons pour la grande majorité d’entre nous de l’école Telecom École de Management – une grande école de commerce dédiée aux nouvelles technologies. Et il faut aussi compter sur le game designer et les deux graphistes sans qui nous n’aurions pas de jeu aujourd’hui. Si vous voulez voir nos têtes, elles sont sur metidia.com. Metidia est le nom de l’entreprise qui développe Vinoga.

AD - mon-viti.com : Qu’est-ce que Vinoga ?

O. B. : Vinoga vient de la contraction de VINO et de GAme. C'est une expérience numérique complète. Concrètement, Vinoga est un jeu vidéo où le joueur réalise un vin qu’il peut ensuite acheter pour de vrai pour le goûter. Nous partons des références de vin qui seront dans le jeu et ensuite nous construisons un arbre dans lequel le joueur évolue afin d’arriver sur une bouteille unique. Exemple simple, si le joueur choisit de planter du gamay sur un sol granitique et d’effectuer une macération carbonique, il va produire un beaujolais-nouveau.
Vinoga est d’abord un site Internet et ensuite une application (tablette, smartphone). Notre démarche est de réussir à faire un produit qui plaît à la communauté sur un canal. Une fois que ce produit plaît, on le mettra dans toutes les poches.

L’idée de développer ce jeu vient de deux choses. La première, du monde du jeu vidéo qui évolue à une vitesse effarante depuis cinq ans avec de plus en plus de joueurs de plus en plus féminins et de plus en plus âgés. Donc on a eu l’idée un jeu vidéo qui vend de vrais produits en premier. Ensuite le vin nous est apparu très vite comme le produit idéal. Le vin est un produit complexe, le jeu vidéo est le meilleur des professeurs. Le vin est international, le jeu aussi. Acheter du vin c’est compliqué, jouer c’est simple. Le vin se partage, le jeu aussi.

Ensuite avec le recul, on réalise que le vin mérite une expérience d’achat différente des autres produits. Acheter du vin c’est un moment particulier qui est différent de celui d’acheter de l’électroménager, pourtant, sur Internet, il est vendu de la même façon.

Nous avons eu l’honneur d’être lauréat du prix de l’initiative de l’Académie Amorim et lauréat du trophée œnovation. Et récemment nous avons remporté le concours du food digital lab#4. Nous sommes très heureux de voir que le projet suscite un tel intérêt de la part de professionnels du monde du vin et de la gastronomie en général.
 

AD - mon-viti.com : Comment avez-vous travaillé à la mise en place de ce jeu? Vous vous faites aider pour que ça ait l’air "vrai" le plus possible?

O. B. : Comme nous ne sommes pas vignerons, nous avons appris, et surtout nous nous faisons aider par des personnes qui savent. Les concours nous ont permis de nous entourer de personnes de grande qualité. Après, coller complètement à la réalité n’offre pas nécessairement l'expérience de jeu la plus efficiente. Donc nous nous efforçons de rester le plus crédibles possible et d’apporter le plus d’informations sur comment tel ou tel vin est produit mais cela se fait avec la progression du joueur. À certains niveaux, le joueur gagne de nouvelles compétences qui lui permettent de faire de nouveaux vins et de se rapprocher de la réalité du métier de vigneron. 
Mêler virtuel et réel, c’est construire quelque chose de radicalement nouveau. Et nous sommes très excités de travailler sur un projet aussi novateur et complexe.
 

AD - mon-viti.com : Et la Loi Évin ?

O. B. : Nous avons consulté. Les avocats nous disent que la loi n’interdit pas le jeu vidéo mais qu’elle sera très portée sur la nature du discours. Vinoga n’a pas vocation à faire de la communication pour les vins mais à apporter de façon efficace de l’information et rien que de l’information. De plus, Vinoga va être un jeu international très rapidement. Je suis actuellement à New York pour faire des tests.

AD - mon-viti.com : Quel est votre business model ?  

O. B. : Nous gagnons de l’argent de deux façons :

  • commission sur les bouteilles;
  • vente de biens virtuels, pour changer la couleur de son château il faut payer un petit peu.

Pour la partie e-boutique, nous travaillons dessus. Actuellement nous avons un partenariat avec mabouteille.fr qui gère la partie logistique. Et nous voulons offrir une expérience unique de la découverte du produit à la livraison. Nous réfléchissons donc à un packaging et un moyen de livraison en lien avec notre philosophie.
 

AD - mon-viti.com : Quand est-ce que Vinoga sera ouvert ? (je viens de m’inscrire pour tester)

O. B. : Ah c’est super! Quand une personne s’enregistre alors que le jeu n’est pas encore disponible, cela nous fait vraiment très plaisir et nous motive énormément. Pour le moment, le jeu s’ouvre progressivement. Notre objectif reste une ouverture du jeu au grand public pour les foires aux vins.
Il y a un an, nous avons fait un prototype tout petit où l’on ne pouvait faire qu’un seul vin. Et il y a eu une vente. Un Suisse a acheté une caisse d’un merlot rosé, qu’il a appelé Roi des Suisses. Maintenant, le taux de clics sur le bouton "acheter" est plus élevé que pour un site d’e-commerce traditionnel. Nous travaillons actuellement sur la partie finale qui est la partie vente.

AD - mon-viti.com : Qu’attendez-vous des vignerons ?

O. B. : Nous travaillons actuellement à une meilleure intégration des vignerons dans le jeu. Nous cherchons plusieurs possibilités de collaboration. Par exemple:

  • personnaliser le jeu pour leur permettre de l’installer sur leur site Internet avec leurs bouteilles, ainsi que de les mettre dans le jeu;
  • mise en place d'un système d’avances sur commission: le vigneron nous paye 1000€ et sur les X premières bouteilles de vin que le jeu vend, nous ne prenons pas de commission.
  • nous organisons des Vinogapéros. Ce sont des moments où nous faisons tester le jeu autour d’une dégustation. Nous utilisons toujours ces moments qui ont lieu toutes les trois semaines pour mettre en avant des producteurs, des appellations, des vins. Si certains veulent venir à Paris vendre leur vin pendant ces événements, ce serait super!

Nous leur offrons de la visibilité sur une cible qui ne va pas nécessairement chez le caviste, un moyen de vendre leurs bouteilles dans le respect des valeurs du vin. Si des vignerons souhaitent faire partie de l’aventure ce serait un plaisir pour nous de réfléchir à la façon de les intégrer et de les mettre en valeur. Contactez moi  Oswald.bernard@metidia.com, tout simplement, je réponds toujours.

 

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